IV. CONSIDÉRATION
Aussi n'est-eïîe point convenable à la sagesse de Dieu , ni à sa miséricorde , non plus qu'à ses autres perfections, dont nous avons déjà parlé. Car il est de la gloire de sa sagesse d'ordonner tous les hommes à leur dernière fin, qui est la béatitude, et de les y conduire heureusement, sans en laisser aucun, sinon ceux qu'il prévoit devoir mépriser sa bonne volonté. Car pour lui il ne méprise personne; il a un soin admirable de tous, il n'en dispose qu'avec un grand respect (2), comme dit le Sage. Et lorsqu'il jugera les réprouvés dans l'assemblée générale de toutes les nations, il ne leur reprochera autre chose, dit saint Prosper, sinon le mépris qu'ils ont fait de sa grâce et Je sa miséricorde (3). 11 n'y a donc point de réprobation négative du côté de la sagesse et de la providence de Dieu; autrement les malheureux lui pouiv. raient dire : Si nous vous avons laissé, vous nous nrez laissés le premier, vous nous avez méprisés ivant que de prévoir si nous vous mépriserions. Il n'y ;n a point aussi du côté de la miséricorde : car il a compassion de tous, parce qu'il est tout-puissant. Il ne ient pas à lui qu'il ne les lire de leurs misères, dit >aint Bernard : il prend en soi le sujet et comme le plan de ses miséricordes. Mais s'il nous Juge et nous
(1) Ei quippe non rcddunlur ( peccata parenlum ) qui ; ' mutaïus in Christo,el cceperU mm non riims iol quorum... si pjgo ludai leoeret illud ad quod vocatus est, nullo modo n<l eum, \<\ lut prœti i ii i , \« i p irenluo iniquitai pertfnerent. In Ps Wnarrattone I. propè flnem.
Cum ma lia diiponit nos. Sap. 12.13.
Nihil aliud sinistris ohji ietur, 'juàm bcucvolrnli e miscrU
eque ncgleclus n
S91 l'homme d'oraison.
condamne, c'est que nous le contraignons de le faire, pour ainsi dire, contre son gré(l). Concluons donc avec saint Prosper, que ceux qui sont morts dans limpénitence, ne se sont pas perdus pour n'avoir pas été prédestinés; mais, au contraire, qu'ils n'ont pas été prédestinés, parce que Dieu a prévu qu'ils tomberaient dans ce malheur par leur propre faute (2). Disons avec lui que celui qui soutient que Dieu ne veut pas sauver tous les hommes, mais seulement un certain nombre de prédestinés, parle avec trop de dureté de la profondeur impénétrable de la grâce de Dieu, qui veut que tout le monde se sauve, et qui accomplit le secret de sa volonté en ceux qu'il a prédestinés, les ayant prévus; qu'il a appelés, les ayant prédestinés; qu'il a justifiés, les ayant appelés; et qu'il a glorifiés, les ayant justifiés (3). Enfin disons avec toute l'Église : 0 Dieu, qui avez préparé des biens invisibles à ceux qui vous aiment, répandez dans nos cœurs les saintes ardeurs de votre amour, afin que vous aimant en toutes choses, et par-dessus toutes choses, nous jouissions un jour des biens que vous nous avez promis, qui surpassent tous nos désirs.
(1) Exsesumit materiam , et velut quoddamseminarium miserendi. Nam quod judical et condemnat , nos eum quodammodô cogimus. S. Bern. ser. 5. de die natali Domini, circà médium.
(2) Quod ergô hujusmodi inhsec prolapsi mala sine correctione pœnitentise defecerunt , non ex eo necessitatem pereundi habuerunt, quia praedestinati non sunl : sed ideô praedeslinali non sunt, quia taies futuri ex voluntarià prœvaricatione prœsciti sunt. S. Prosper. I. 2. de vocal. Gent. c. 29. in responsione ad cw pituîa Galiorum^c. 3.
(3) Md. c. 16. n. &,
i^crruRES SPIRITUELLES. 395
pour le samedi de la quatrième semaine après l'Epiphanie.
Vrri. ATTRAIT D'AMOUR.
Jésus souverainement aimable, parce qu'il est la cause méritoire de notre vocation (1).
Que le bénéfice de la vocation est inestimable.
Quos autem prœdestinavit , hos elvocavit. Ceux qu'il a prédestinés, ii les a appelés. Rom. 8.