‹ L'homme d'oraisonChapitre 18 sur 217 · I. CONSIDERATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDERATION

C'est une maxime très-importante pour la conduite de notre vie , que nul ne doit espérer d'être véritablement heureux, que par la faveur de Jésus-Christ. Ce qui est dit , que l'espérance de ce que l'on voit n'est point espérance, convient fort bien aux puissances de ce siècle, aux richesses et aux grandeurs. On n'en doit rien attendre de bon. L'espérance qu'elles nous donnent n'est qu'une illusion. Il n'y a rien non plus à espérer dans l'élément du ciel , mais bien dans le Seigneur du ciel. C'est en vain que le Chaldéen met son espérance dans les étoiles qu'il observe ; le riche, dans ses trésors ; l'avaricieux, dans les usures. La vraie espérance est celle qui s'attache à l'invisible, c'est-à-dire, iu sSeigneur Jésus , qui est au milieu de nous, et qu'on

ne voit point (1). Qu'est-il besoin que j'observe le lever ou le coucher des étoiles? Je n'en veux qu'une pour outes , qui n'est que trop suffisante pour me rendre heureux. C'est cette belle et lumineuse étoile du matin , qui a fait le plus grand de tous les saints avant que de naître, quia produit la fleur des martyrs en naissant, et qui a causé le bonheur de tous les prédestinés en mourant (2).

Nul mal n'est à craindre en la présence de Jésus, nul bien ne peut manquer à qui est favorisé de ses regards. Car, comme dit saint Ambroise, le Père éternel n'a rien excepté en nous donnant l'auteur de tous les biens. Il l'a livré pour nous tous, afin de mus montrer qu'il a tant d'amour pour tous, qu'il a bien voulu livrer son très-cher Fils pour chacun de nous (3). Nous n'avons donc point sujet de craindre qu'il nous puisse rien refuser ; nous ne devons point nous défier de la continuation de sa libéralité, dont la largesse s'est répandue depuis si long-temps, et si continuellement sur nous, qu'il nous a premièrement prédestinés, puis appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a justifiés, et ceux qu'il a justifiés, il les a glorifiés (4). Voilà les plus

(1) Pulchrè dicitur : Spes aulcm quae videtur non est spes de polestatibus istius siculi, de dignitatibus, de divitiis. Nec in ipso cœlielemento spes est, sed in Domino cœli. Nec Chaldaeus in stellisspem habet quas observât; nec dives in possessionibus : nec avarus in usuris: 3ed il le spem habet, qui in eospem suara ponit, quem non videt , id est in Domino Jesu , qui médius nostrùm stal, et non videtur. S. Atnb. 1. 6. ep. 39. fine.

ï) Quidopuj est, ut explorem ortus signorum atque obitus ? Unamihi stella abundat pro omnibus: Stella splcndida et maïutina,cujiu tdexortum seminata est non frugum, sed Marlyrum seges. Dœsa. L 2. c. 8. $ 7.

Nihil enim excepit, qui omnium concessit Auctorcm : pro nobisomnihus tradidit iUum , ut ostendcret quôd iià omncs diligat , ut dilecUffimuo sibi Filium pro singulis traderet. S. Amb. 1.2. de Jacob, c. 6.

.5 .Nihil est igilurquod negari posse nobis verearaur , nihiï in Mowrt. Œuv.XF. 5

doux rayons de la faveur de Jésus-Christ, dont l'étoile des Mages est une éclatante figure , que la divine Providence avait fait prédire par un infidèle , parmi les oracles sacrés des prophètes , comme dit saint Maxime, pour nous apprendre que celui duquel elle marquait la naissance , était le Sauveur des fidèles et des infidèles (1).

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