‹ L'homme d'oraisonChapitre 74 sur 217 · I. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

I. CONSIDÉRATION

Il n'y a point de cœur si dur , que Dieu ne puisse et ne veuille ramollir, pourvu qu'il ne résiste point à ses attraits. Qu'il n'ait le pouvoir de l'attendrir et de le Taire fondre en douceur , on n'en peut douter. Si votre i-œur est dur comme l'airain, ma parole n'est-clle pa* plut vmètrante que le feu, pour le faire, fondre ; et s'il est dur comme la pierre, n'est-elle pas plus forte que le marteau pour te briser (1) ? Seigneur, votre parole est un feu ardent, qui embra$e mon cœur : je l'aime avec une extrême douceur (2). Mon âme s'est fondue, sitôt que

(!) Numquid non verha mea sunt quasi ignis , dicit Dominus, et quasi rnalleus conterons petram ? Jrr. 23. 29.

(2) Ignilum eloqiiium tuura vcheincuter , et servus tuus dilexit illud. Psal. 118. 140.

mon bien-aimé m'a parlé (1). II ne faut qu'un rayon de soleil, un regard de ce divin Époux , un souffle de son esprit, une parole de sa bouche sacrée, une étincelle de ce feu céleste qu'il est venu répandre sur la terre, pour amollir les rochers et les faire écouler comme la cire fondue. Écoutez , et rappelez en votre esprit ce qu'il dit à Magdeleine , à la Samaritaine , à la Chananée , à Zachée , à saint Pierre et au centurion ; quel cœur ne serait attendri par des paroles si pleines de bonté et de douceur ? quelles entailles n'en seraient émues (2) ? c'est un fleuve de paix, un torrent de gloire , qui passe comme un torrent de feu , qui fait fondre l'âme , qu'il purifle et qu'il récrée. 0 le doux et heureux moment , auquel l'âme liquéfiée s'écoule, et se jette dans ce torrent de feu ! 0 qu'elle est alors dégagée de la masse du corps ! qu'elle est subtile ! qu'elle est agile ! Il ne lui reste plus de tiédeur, ni de dureté , ni de glace. Ce n'est plus que chaleur et que tendresse (3).

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