‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 134 sur 176 · SENS DU TOUCHER · texte numérisé non relu

SENS DU TOUCHER

préhension se rattachent le toucher et l'opération intermédiaire, rexploration des objets. Le toucher n'est pas exclusivement localisé dans la pulpe des doigts ; la muqueuse de la pointe de la langue, par exemple, est aussi le siège d'une sensibilité tactile. Mais pour les objets extérieurs, c'est à la face palmaire des doigts qu'il est à son maximum. En rapport avec ce sens, les nerfs se terminent dans des corpuscules que, jusqu'à ces derniers temps, on croyait spéciaux. Les corpuscules dits de Paccini se relrouvent chez les Anthropoïdes et autres Singes comme chez l'Homme. Suivant nous, ce que les doigts offrent de particulier reflétant leur fonction, c'est la configuration de leur phalangette et les ongles.

Chez les Ongulés les dernières phalanges des doigts, comme des orteils, s'hyperlrophient en une masse en forme de croissant, qui présente un plan incliné en avant et en dessus et une surface horizontale en dessous. Elles sont aplaties d'un côté à l'autre, effilées et un peu recourbées chez les Carnassiers, arrondies et coniques chez d'autres Mammifères, notamment les Lémuriens et quelques Singes; enfin chez la généralité des Singes, les Anthropoïdes et l'Homme, aplalies de haut en bas et renflées légèrement à leur extrémité, qui est pourvue de rugosités en fer à cheval plus étendues à la face palmaire et ressemblant de loin h î'hyperlrophie des Ongulés.

Les ongles sont des dépendances de la peau qui les sécrètent. Communs à tous les Mammifères, ils ont leur point de départ à la face supérieure du doigt et enveloppent la totalité de la phalange sous le nom de sabots chez les Ongulés. Chez les Carnassiers, ils ne garnissent que les deux côtés de la phalange, laissent une arête supérieure médiocre recourbée en pointe et portent alors le nom de griffes, ou s'allongent presque tubulairement en pointe. Enfin ils s'étendent en largeur à la face supérieure de la phalangette sous le nom A' ongles proprement dits, comme chez les Primates. Il existe de nombreux intermédiaires entre ces formes.

Tous les Primates incontestés ont en effet des ongles plats, excepté l'Orang, qui n'en a aucun au premier orteil, et les Arctopithèques d'Amérique, qui n'ont d'ongles qu'à leur premier orteil. Parmi les Lémuriens douteux, le Galéopithèque n'a que des griffes, le Chéiromys n'a qu'un ongle au premier orteil. Les vrais Lémuriens ont des ongles à tous les doigts, sauf un qui est spécialement armé d'une griffe. Mais,

même chez certains Singes, les ongles ne sont pas toujours franchement plats, et leur phalange offre des passages du cône au fer à cheval. Cela montre que par ces deux caractères, les Primates forment une série se confirmant de plus en plus sans saut. Les ongles n'établissent ainsi aucune séparation entre l'Homme, les Singes et les Anthropoïdes.

Mais ces caractères sont-ils réellement en rapport avec le perfcclionnement qu'implique le toucher? Ils existent au pied comme & la main. Qu'il en soit ainsi chez les Singes jouissant de la préhension aux quatre extrémités, cela se comprend. Mais pourquoi persistent-ils au pied de l'Homme qui a perdu cette fonction? L'ongle chez les Singes et les Lémuriens, apparaît d'abord au pouce ou au premier orteil qui, cependant, n'est pas l'organe indiqué pour la sensibilité tactile! Ne serait-ce pas parce que cet organe s'étant constitué essentiellement à titre de crampon, la griffe devint gênante et dut être modifiée par la cn«„.oo.m«.

pression de haut en bas?

Il en résulte que, chez l'Homme, la persistance des ongles du pied ne serait qu'une survivance attestant son origine simienne.

Les deux caractères d'ordre général dont nous venons de parler, — la station et la locomotion avec les membres postérieurs, et la préhension limitée aux membres antérieurs, — ont leur contre-partie dans toutes les régions du corps, notamment dans lesmuscles, sans lesquels les leviers osseux ne sont que des instruments inertes, et dans les viscères qui doivent s'accommoder à la position du tronc.

Hysiéme maBcniairc. — D'après la théorie de Lamarck, des besoins et des habitudts amenant la plupart les différences

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