CRANE
trois pièces. Les autres Anthropoïdes en ont de cinq à six et par là se séparent complètement de THomme. Chez les Singes ce chiffre s'élève davantage encore ; il est de huit notamment chez le Magot.
CrAne. — Nous avons VU quc les caractères crâniens qui distinguent fondamentalement l'Homme des animaux sont essentiellement dus à l'accroissement excessif que subit le contenu de la cavité cérébrale à sa dernière étape et aux effets mécaniques et biologiques qui en résultent, directement sur le crâne et indirectement sur la face ; que parmi les effets indirects, il faut compter la réduction des appareils olfactif externe et maxillaire, la disparition du museau et la limitation du prognathisme chez l'Homme presque aux arcades alvéolo-dentaires ; enfin que l'attitude verticale concourt à donner au crâne humain une physionomie qui le sépare complètement du crâne des Singes, les Anthropoïdes compris, à plus forte raison de tous les autres Mammifères.
Ce sont ces influences principales qui ont fait l'Homme. Mais à côté il y a des influences accessoires, ayant amené des caractères d'ordre secondaire, qui ont cependant leur intérêt. Parmi ces influences, les unes sont accidentelles et extérieures, les autres ont une large portée. Telle est par exemple celle de l'évolution : les circonstances qui ont créé la grande famille des Singes ont pu l'interrompre, mais elle a pu aussi se réveiller ultérieurement dans l'une quelconque de ses branches. Telle est encore la force de variation ou de différenciation, susceptible d'engendrer des formes nouvelles, en favorisant celles qui, en vertu de prédispositions ancestrales ou des lois de la physiologie, ont plus de tendance à se préparer et à se fixer.
Ainsi chez l'Homme, les deux sphénoïdes se réunissent en un seul avant la naissance ; il eût cependant été plus avantageux pour le cerveau qu'ils restent séparés et que leur suture demeure ouverte, comme sa voisine la basilaire, jusqu'à vingt ans. Ainsi les frontaux se réunissent plus tôt encore que chez les Singes, contrairement à ce qu'on aurait pu supposer. Ainsi encore l'os interpariétal, qui eût été si utile, se soude dès le troisième mois de la vie intra-utérine et r intermaxillaire dans sa portion faciale vers la douzième semaine. D'autre part, plus on avance dans la série des Vertébrés et plus le nombre des pièces osseuses diminue : le temporal en est un exemple. Il y a donc là une direction