‹ L'homme dans la nature (volume 2)Chapitre 5 sur 176 · BLUMENBACH. — CHAVANNES · texte numérisé non relu

BLUMENBACH. — CHAVANNES

raie de rHomme. II la partageait en neuf parlies : « l^ l'anthropologie proprement dite ou science de l'Homme considéré dans la constitution de sa nature et dans les traits qui le rapprochent ou Téloignenldes autres espèces animales au triple point de vue végétatif, animal et intellectuel; 2° l'ethnologie ou histoire des progrès des peuples dans la civilisation; 3<» et4<» la science de l'Homme considéré comme doué d'intelligence, d'aclivilé et de moralité ; 5° à 8^ la science du langage; 9° la science des religions. Le manuscrit de la première partie aurait été écrit.

Nous ne parlerons pas des autres acceptions du mot anthropologie ayant donné lieu à des ouvrages, par exemple, de celle qui a abouti de nos jours à V Anthropologie de Bossu, laquelle n'est qu'une encyclopédie des sciences médicales.

Évidemment, la plus nette de ces acceptions est celle de Chavannes. L'anthropologie y a deux sens: sens général comprenant les trois aspects de l'Homme : animal, intellectuel et social; sens spécial, l'anthropologie par excellence ne concernant que l'aspect animal. Blumenbach les connaissait-il? En tout cas c'est avec le dernier sens restreint qu'il en fait usage dans la dédicace de la 3® édition de ses Variétés du genre humain, de 1795, à Sir Joseph Banks. Ce livre, sous une forme concentrée, est un exposé court mais complet de toutes les matières que comporte aujourd'hui encore l'anthropologie telle que l'entendent de Quatrefages et Broca, moins les deux questions qui ont surgi depuis : le préhistorique et la descendance de l'homme. Le côté ethnographie y est laissé de côté. Les divisions y sont très nettes : l'Homme dans son ensemble et comparé aux animaux, et les variétés physiques de l'Homme ou races. Aussi est-il permis de se demander auquel, de Buffon ou de Blumenbach, revient l'honneur d'avoir fondé l'anthropologie moderne. Ayant égard à l'antériorité du premier, nous avons conclu dans nos Éléments d'anthropologie générale en faveur de notre illustre compatriote.

Le moine se généralisa pas immédiatement. Les ouvrages d'anthropologie qui suivent portent des noms divers, tels que VHomme, essai zoologique, par Bory de Saint-Vincent, l'Histoire naturelle de C homme (Virey et Lawrence), l'i/i^ toire naturelle des races humaines[k. Desmoulins). L'adoption n'en fut officielle qu'en 1850 environ lorsque Sarres qui, après Flourens, occupait au Muséum la chaire d'histoire naturelle de rHomme, ajouta spontanément sur son

Page 1