MESURES SUR LE SQUELETTE
mesurés à part. Il reproduit la forme générale du corps, en est la charpente et engendre ses cavités viscérales et ses grands segments. Sur lui s'attachent les muscles et aponévroses entre lesquels se logent les vaisseaux et nerfs; la peau qui enveloppe le tronc ne fait qu'arrondir les contours et malheureusement masquer certaines articulations et les points de repère que Ton aimerait à choisir, semblables sur le corps et sur le squelette. Les plis et dépressions de la surface ne correspondent pas non plus toujours aux divisions naturelles du squelette; certains segments rentrent les uns dans les autres, comme le fémur dans le bassin. On ne peut donc que rarement superposer les méthodes de mensuration sur le squelette et sur le corps. Du reste, les objectifs ne sont pas les mêmes le plus souvent. Sur le corps, on cherche les proportions, les formes, sur le squelette on cherche les lois de croissance ou des comparaisons zoologiques; sur l'un, on prend les séparations esthétiques, sur l'autre les extrémités anatomiques autant que possible.
Lorsqu'on mesure le squelette nionté, on procède de différentes manières : quelquefois au ruban, par exemple pour la colonne; plus ordinairement avec un grand compas glissière tenu verticalement, les parties mesurées étant dans leur attitude naturelle, c'est le système des projections verticales. Pour les os longs détachés on agit comme nous dirons tout à l'heure. Ces mesures sont rapportées alors soit à la taille, soit à quelque os voisin, par exemple le radius à rhumérus suivant le système de Broca. La taille est généralement employée lorsque la comparaison ne porte que sur l'Homme, malgré l'objection que le squelette peut être mal monté et que, même bien monté, il perd en moyenne 35 millimètres par rapport au vivant ; l'étalon étant commun à tous les os, les différences qui en résultent sont minimes et proportionnelles. On n'oubliera pas cependant que la vraie longueur anatomique d'un os n'est pas identique à la longueur plus ou moins différente ou de convention que l'on prend à sa place sur le vivant; elle est plus exacte, c'est son avantage. La connaissance du canon du squelette est la préface de celle du canon du vivant, mais, nous le répétons, les deux ne doivent pas être confondus : l'un n'est qu'osléologique, l'autre tient compte à la fois des os et des muscles et s'accorde avec celui des artistes, l'homme debout symétriquement posé.
Dans le canon anatomique on prend la taille pour étalon