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CHEZ LES MAMMIFÈRES

En tous cas elle est conforme à toutes les appréciations des naturalistes et à ce que nous avons dit.

La liste suivante porte sur les Mammifères seuls et a été dressée par nous avec celles de Daubenton, Cuvier, Haller, Lawrence, Leuret, Chauveau, Owen auxquelles nous avons ajouté toutes les pesées faites dans notre laboratoire.

1 Girafe. . . .

1 Baleine

1 Rhinocéros .

8 Carnassiers divers . . .

7 Suidés . . .

33 Chiens

37 Équidés. . .

1 Ornithorynque . . . .

9 Ruminants .

7 Chats

1 Éléphant jeune

14 Rongeurs

2 Kangourous

extrêmes

27 Insectivores

(Owen) . .

6 Dauphins et Marsouins .

2 Fourmiliers (Owen) . . .

extrêmes

5 Chéiroptères. . . .

Il en résulte que les herbivores compris sous la dénomination d’Ongulésont le moins de cerveau relatif; et que les Carnassiers, les Rongeurs, les Insectivores et les Chéiroptères en ont davantage. Tout, dans cette liste, est conforme à l’idée que la grosseur de l’animal exerce une influence dominante; si l’on compare la Baleine aux autres Cétacés, les Chiens aux Chats, le doute n’est pas permis. En somme, on n’y voit pas se produire de gradation sériaire vraiment logique; la grosseur relative du cerveau considérée brutalement, semble n’être qu’un caractère empirique.

Passons aux Primates, auxquels nous réunirons les Lémuriens, et dont nous détacherons les Anthropoïdes. Cette fois, nous mettrons en tête les plus favorisés par le poids relatif du cerveau et nous indiquerons, pour les animaux, le nombre de sujets pesés dans chaque groupe. Pour l’Homme nous donnons la préférence aux versions de Bischoff et Boyd parce que les quelque mille' sujets sur lesquels ils s’appuient, ont tous eü le corps pesé en même temps.

4 Lémuriens 18

3 Arctopiihèques (Ouistitis

et Tamarin) 23

6 Cébiens 28

20 Pithéciens 45

Européen d’après Bischoff 36 — — Boyd

de 20 à 60 ans .... 33

Européen d’après Boyd de 60 à 90 ans

LE POIDS DE L’ENCÉPHALE

Les Lémuriens, Arclopithèques el Cébiens onl, proportionnellement à la masse de leur corps, plus de cerveau que l’Homme, et les Pilhéciens moins de cerveau: voilà un premier fait. (Nous avons calculé à part les 15 cas du laboratoire, ils donnent sensiblement les mêmes rapports ) 11 ne faut pas s’en étonner, deux circonstances l’expliquent. Tous ces Singes sont de petites dimensions, notamment les Arclopithèques. Les circonvolutions des premiers sont rudimentaires ou nulles, elles n’augmentent que chez les Pitliéciens dont le poids relatif du cerveau diminue précisément. Si, après eux, le cerveau n’augmente pas autant qu’on serait porté à le croire, c’est que les circonvolutions augmentent à la place; les deux facteurs se suppléent

Le second fait à constater c’est que, dans leur ensemble, les Primates sont le groupe des Mammifères qui a le plus gros cerveau relatif. Ce caractère se montre d’emblée chez les Primates inférieurs et se continue malgré le développement des circonvolutions.

Passons maintenant au cerveau des Anthropoïdes. Ici, outre les difficultés tenant à la taille et à l’âge, il y en a une nouvelle : En général les cerveaux d’Anthropoïdes que l’on pèse ont été conservés dans l’alcool qui leur fait perdre une partie de leur poids, soit suivant Broca 29 pour 100. Il faut donc, dans le calcul, leur restituer celte proportion; or, celle-ci n’est qu’une approximation variable.

Laissons d’abord le Gibbon sur lequel nous n’avons que trois chiffres : : 1 : 13, 17 el48, ce dernier donné par Cuvier. Il est évident que ces différences excessives tiennent à l’âge qui est inconnu, même chez le dernier.

Pour les trois grands Anthropoïdes nous avons réuni 16 rapports qui se répartissent ainsi, en quatre groupes, d’après l’âge approximatif : lü six sujets ayant 2 ans environ en moyenne : ils varient de 16 à 22; — 2° quatre sujets moins jeunes : ils vont de 21 à 30; — 3U quatre autres sujets dans les environs de 5 à 6 ans : ils varient de 43 à 51 ; — 4U deux sujets dits adultes l’un à 104, l’autre a 211, le premier nous ayant été donné par M Chudzinski, le second publié par M. Owen. Malheureusement le poids du corps de ces derniers a été estimé au jugé. Le dernier, celui de M. Owen, avait un cerveau de 425 grammes et un corps, dit-il, de 90 kilos 700 (15 ozs et 200 Ibsj. En supposant un excès d’un quart sur l’estimation de poids du corps, ce qui serait énorme, le rapport n’en resterait pasmoins: : 1 : 156, c’est-à-dire que le cerveau

relatif de ce Gorille serait plus de quatre fois moindre que celui de l’Homme.

Accessoirement il résulte des chiffres précédents que chez les Anthropoïdes, comme chez l’Homme, le cerveau est infiniment plus gros dans le jeune âge par rapport au corps, ce qui oblige dans les comparaisons du poids relatif à ne tenir compte que de l’adulte.

Poids absolu oliez: les Anthropoïdes. — Complétons COt

aperçu avec le poids absolu. Le Gibbon est nécessairement à mettre de côté, il est Irop loin de l’Homme comme dimension. Le Chimpanzé s’en rapproche davantage comme masse, mais il est plus petit aussi. En revanche, l’Oranget le Gorille réunis ont à peu près le volume corporel de l’Homme. Moins grands en moyenne, ils sont plus larges, spécialement de l’abdomen, de la poitrine et de la tète. La comparaison directe paraît équitable. A la rigueur même on peut faire intervenir le Chimpanzé, car si son corps est moins gros, son cerveau doit, d’après la règle générale, être proportionnellement plus lourd, ce qui fait compensation.

Le nombre des pesées du cerveau que nous avons réunies, pour les trois, — les unes publiées çà et là, les autres prises dans les registres de notre laboratoire, d’autres inédites que nous devons à l’obligeance des professeurs Meyer, Cunningham et de Torok, — s’élève à 27 dont 10 sur des sujets n’ayant malheureusement pas terminé ou venant de terminer leur première dentition.

Sur les 17 restant il n’y a que 7 adultes, savoir : 5 Gorilles donnant la moyenne de 371 grammes et 2 Orangs donnant celle de 367. Nous n’avons aucun Chimpanzé dit adulte. Mais parmi ceux que nous laissons ainsi de côté, il en est plusieurs qui dépassent ces moyennes, même chez les Chimpanzés. Sans nous donner les poids que les individus eussent atteints chez l’adulte, ils témoignent qu’en tout cas ils n’eussent pas été moindres. Il est donc légitime de les accepter dans nos moyennes qu’ils élèveront. Nous aboutissons ainsi aux moyennes suivantes : 5 Gorilles 378 grammes,

4 Orangs 374, et 4 Chimpanzés 386, chiffres minimum. Quelle pourrait être la moyenne vraie avec un nombre de cas suffisants d’adultes seuls? La capacité crânienne nous aidera à répondre. Mais, en nous en tenant aux pesées du cerveau seules, nous ne pensons pas être loin du compte, en disant que celles que nous avons font pressentir une moyenne

LE POIDS DE L’ENCÉPHALE

générale pour les trois grands Anthropoïdes de 400 grammes au plus en chiffres ronds.

Poids absolu chez l'Homme. — Ici, il nous paraît difficile de ne pas résumer tout d’abord les points acquis sur ce sujet. Nous avons rassemblé, pour le traiter, dans les chapitres xv et xvi de nos Éléments d’ Anthropologie générale , près de 1 1 000 pesées et nous sommes en mesure d’en parler! Sur ce nombre, 432 prises par Broca ont été publiées séparément par nous après sa mort.

Le poids du cerveau de l’Homme varie suivant les âges, les sexes, les races, les individus, la profession, l’état de santé et de maladie.

Chez l’Européen, à la naissance, l’homme a 334 grammes, la femme, 287. Le cerveau a doublé avant la fin de la première année, triplé avant la fin de la septième, il ne croît plus alors que lentement, puis insensiblement et atteint son maximum entre 30 et 35 ans. Vers 40 à 45 ans, il commence à décroître, à 60 ans le mouvement augmente, à 90 ans le cerveau a perdu plus de 120 grammes chez l’homme, et moins de 90 chez la femme (fig. 65).

De 20 à 60 ans, la moyenne à retenir pour l’homme européen est de 1361, et pour la femme 1211. De 60 à 90 ans elle est de 1290, pour le premier et de 1140 chez la seconde.

La femme a donc moins de cerveau que l’homme, soit environ 7 pour 100 dans la période de 20 à 60 ans. Mais elle est plus petite et pour ce motif doit, toutes choses égales, en avoir 3 pour 100 de moins. Si l’on défalque cette proportion de la première, il reste 4 pour 100 imputable à elle-même, au rôle qu’elle joue dans la société, à ses éléments nerveux en rapport avec ses fonctions plus particulièrement de sentiment et non d’action. Cela est d’accord avec le fait établi par M. Manouvrier que la femme a les parties frontales du crâne plus développées que les parties pariéto-occipitales.

Inutile de dire que les variations individuelles du poids du cerveau sont énormes, spécialement dans les pays hautement civilisés dans lesquels la lutte pour l’existence est vive par le cerveau, où les spécialités du travail sont très différentes et où certaines professions dites intellectuelles sont plus particulièrement exposées à des variations élevées. Dans une série de 519 hommes européens, âgés de 25 à 55 ans et appartenant aux classes plutôt moins favorisées

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