‹ L'homme dans la natureChapitre 11 sur 208 · APPLICATIONS EXCLUES · texte numérisé non relu

APPLICATIONS EXCLUES

qu’une machine recevant les excitations, réagissant mécaniquement et obligée de céder aux incitations les plus fortes. 11 n’est pas responsable de ses actes, n’a pas de libre arbitre, ne possède ni la notion du juste, ni celle du bien et du mal. Par conséquent il n’y a pas de morale en dehors de l’intérêt individuel bien entendu. Premier point: s’il en est ainsi, ce n’est pas à l’anthropologie à le proclamer, au delà du petit cercle de naturalistes que cela regarde. Second point : ce n’est pas à elle à en tirer les conséquences et à préjuger des réformes sociales qu’impliquent peut-être ces dures vérités. C’est l’affaire des légistes dont la profession est d’être au courant de la science assurément, d’en tenir compte, mais de ne s’inspirer que du bonheur de l’humanité, de l’utilité générale, du nécessaire, et non d’un idéal scientifique. L’état social n’est précisément qu’un code de mœurs et de lois, ayant pour objet de parer aux défauts de notre nature animale.

Concluons donc que si la zoologie est une science pure n’ayant d’autres visées que la connaissance de la vérité, sans souci des applications qu’elle comporte, l’anthropologie, à plus forte raison, doit rester une science pure n’ayant pas à s’immiscer dans les choses sociales qui sont du ressort des sciences d’application.

Anthropologie, science concrète. — Ce point établi, Un second se présente. La zoologie générale ou celle d’une classe, d’une espèce prise à part a deux aspects : l’un physique, l’autre biologique. L’anthropologie les comprend-elle tous deux, ou un seulement, le premier?

Toute science naturelle se compose de faits qu’elle récolte, apprécie et classe, de manière que les vérités s’en dégagent d’elles-mêmes, et d’explications, de théories, de lois. Les faits sont les réalités objectives, pour parler le langage des philosophes, et concernent le corps inerte ou à l’état statique, et le corps vivant ou à l’état dynamique. La structure anatomique de la main, ses formes extérieures rentrent dans le premier groupe, la constatation des mouvements du pied et de la sensibilité tactile des doigts dans le second. Les rapprochements tendant à établir le nombre et la nature des variétés humaines et à assigner au groupe humain entier une place parmi les autres animaux, rentrent dans le premier, les phénomènes de croisement, d’hérédité et de milieu dans le second. Les théories, les explications, le mécanisme sont

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