CLASSIFICATIONS
veux, le troisième l’indice céphalique, le quatrième la couleur, le cinquième la taille, le suivant des caractères de plus en plus spéciaux.
La seconde est celle de Jussieu ou des familles naturelles qui cherche, par les procédés que nous avons examinés, à réunir les genres et espèces paraissant par leurs fonctions et leurs caractères physiques avoir un certain lien de parenté, ou présentant tout au moins une somme d’affinités évidentes. C’est elle qui règne en maître dans toutes les parties de l’enseignement classique. Se perfectionnant au fur et à mesure des découvertes nouvelles, elle semble répondre à la fois à la vérité et à tous les besoins. Mais un phénomène entrevu récemment, et que l’on appelle la ressemblance par convergence, porte atteinte aujourd’hui à son principe même. Des animaux, suivant toutes probabilités primitivement dissemblables et ayant des origines distinctes, soumis à une même influence, celle du milieu, du genre de vie ou d’un organe donné qui prend une influence prépondérante, arriveraient à se ressembler au point de devoir être réunis et confondus dans un même groupe.
La troisième, dont Lamarck est le fondateur et que M. Hæckel a développée, est la classification généalogique reproduisant la parenté réelle telle qu’elle s’est produite à travers les temps. La classification précédente est celle des êtres vus à l’époque acluelle, dans le sens horizontal en quelque sorle, et a pour complément d’autres classifications analogues, spéciales à chaque époque géologique. La classification généalogique esteelle des êtres, dans le sens vertical au contraire, se succédant depuis leur origine la plus reculée jusqu’à la période acluelle. C’est l’arbre généalogique lui-même, soit de tout le règne animal, soit d’un embranchement ou d’une classe en parliculier. Mais aujourd’hui surgit une nouvelle doctrine qui jetterait une grande confusion sur ce genre de classification et la rendrait presque impossible: celle des arbres multiples à branches enchevêtrées, convergentes, s’unissant et donnant naissance à des rejetons complexes s’épanouissant à leur tour pour former une sorle de bosquet touffu dont les espèces actuelles représentent la périphérie.
Ce sont les deux doctrines actuellement en présence sur l’origine des êtres : celle du monophyllélisme et celle du polyphyllétisme. Elles se posent à propos de chacun de nos groupes depuis l’espèce, j’ajouterai la race, jusqu’à l’em-
NOTIONS DE ZOOLOGIE
branchement et jusqu’au règne animal dans son entier. Chez l’Homme, elles s’identifient avec les doctrines du monogénisme et du polygénisme.
A la doctrine du polyphyllétisme se rattache la pensée suivante de M. Cari Yogt. Toutes les classifications dites naturelles de nos espèces actuelles seront toujours artificielles, dit-il, c’est-à-dire basées sur des ressemblances présentes. Elles sont comparables à un espalier le long d’un treillage. Les branches bien ou mal conduites, suivant les divers systèmes de taille adoptés par la nature, se ramifient dans des compartiments différents du treillage; tous les rameaux qui se trouvent renfermés dans tel ou tel compartiment sont attribués à tels classe, ordre, famille, etc., sans qu’on se préoccupe de la provenance des rameaux.
En résumé, la classification systématique ou dichotomique, n’est qu’un classement provisoire pour aider la mémoire. La classification par les groupes naturels est l’objectif immédiat, qu’elle repose sur la morphologie pure ou sur la doctrine des voies d’adaptation et des degrés dans ces voies; c’est celle que nous viserons lorsque le moment sera venu d’assigner une place à l’Homme parmi les animaux. La classification par la généalogie, en dépit des incertitudes que crée l’hypothèse des arbres multiples enchevêtrés et des ressemblances par convergence, est celle de l’avenir.