‹ L'homme dans la natureChapitre 42 sur 208 · DESSINS, MOULAGES, ETC · texte numérisé non relu

DESSINS, MOULAGES, ETC

et trapu, les épaules, carrées, tombantes ou exhaussées.

Les procédés reproduisant chaque forme du caractère luimême, sinon toute une courbe, un contour, sont une ressource précieuse sur le crâne, la tête, le corps même et les organes internes. Telles sont les aquarelles que Broca

1, 2, 3, et 4, nez droit, aquilin, retroussé et busqué; 6, nez aplati des races jaunes ;

8, nez australoïde.

recommandait pour donner plus exactement la couleur de la peau, des cheveux ou des yeux dans certains cas, les moulages des circonvolutions du cerveau dans les laboratoires, les calques de la main et du pied, les reproductions â l’aide de lames de plomb flexibles des courbes et circonférences de la tête, et les courbes de la colonne vertébrale cl du thorax, à l’aide de l’appareil de M. Demeny, préparateur

MÉTHODE DESCRIPTIVE

au Laboratoire de physiologie du professeur Marcy, l'ait, pour le remarquer en passant, qui prouve bien, comme nous l’avons dit, que la physiologie et l’anthropologie se rencontrent forcément sur le Lerrain de l’Homme et procèdent volontiers de même.

Nous passons ainsi aux dessins, de la main même du voyageur, au trait ou modelé, aux photographies et aux moulages sur nature, aussi bien d’un caractère donné que de parties du corps, sinon du corps tout entier. Les dessins sont excellents, sans aucun doute, mais ils laissent toujours une arrière-pensée, d’autant plus fondée que le dessinateur est plus artiste. On sait combien peu on doit se fier aux peintures et bustes anciens pour la ressemblance. Les dessins en vue de rendre une réalité sont meilleurs; mais, quelque effort que fasse l’artiste, il ne peut se séparer de ce qui est le fond de sa personnalité. Il peint comme il voit, forçant ici la note, l’atténuant ailleurs. II n’y a que l’anthropologiste dessinateur lui-même, sur lequel on puisse réellement compter. En tout cas il est de précepte que tout sujet à copier soit exactement orienté et que l’artiste ne change pas de point de vue; sans cela il s’expose à des bévues comme celle de Prichard qui, voulant montrer un crâne orthognathe, le confia sans le mettre en position à un artiste, lequel inconsciemment le dessina prognathe.

En photographie des préceptes analogues doivent être suivis : la figure sera placée exactement de face ou de profil, et symétriquement. On a fondé de grandes espérances dans ces dernières années sur la photographie composite ; dix, cent personnes se trouvaient résumées dans une même épreuve, les traits communs seuls ressortaient, c’était la moyenne la plus merveilleuse qu’on fût rêver. Malheureusement les espérances ont été déçues, les sujets successivement exposés et les diverses parties des sujets n’impressionnent pas semblablement la plaque: 10 crânes photographiés de l à 10 ou de 10 à 1 ne donnent pas les mêmes résultats.

Je ne puis insister sur les moulages; ils portent sur des caractères ou des organes spéciaux, sur des parties molles comme les muscles, le tube digestif ou le cerveau, sur des parties entières du corps, comme le pied, le masque ou sur le corps dans sa totalité. Nous avons exposé en 1879, dans la galerie des ArLs libéraux, 27 modèles de nez de ce genre, choisis parmi les formes les plus typiques.

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