‹ L'Homme dans la sculpture romaneChapitre 3 sur 6 · FIG. 6. - FRESQUE DE SAINT-SAVIN · texte numérisé non relu

FIG. 6. - FRESQUE DE SAINT-SAVIN

Cana arrondie en hémicycle et vue en perspective:

c'est là une conception de peintre. Des sculpteurs ayant à composer un sujet analogue, celui de la Cène (tympan de Dijon, frise de Beaucaire, linteau de Alozat, etc..) figurent une table droite avec tous les personnages assis sur le même plan. Enfin certains chapiteaux de la cathédrale d'Autun, comme le Martyre de saint Etienne, ou le chapiteau décoratif sur lequel on a voulu voir le dieu gaulois armé d'un maillet, évoquent d'une manière irrésistible les initiales enluminées d'un manuscrit. Les pieds des personnages ne touchent pas le sol, mais sont posés sur des bouquets de feuilles d'acanthe ou des enroulements ; c'est à la fantaisie des peintres que sont dues ces pittoresques invraisemblances.

Cette influence de la peinture est surtout sensible dans le traitementdes draperies. En Bourgogne, comme en Languedoc, elles sont, en général, collées au corps, dont elles laissent entrevoir les formes, et relevées dans le bas en dessinant un retroussis caractéristique, comme si elles étaient agitées par un vent violent. Sur les chapiteaux du chœur de Cluny, sur le tympan de Moissac, les plis très larges sont comme étages. A Vézelay, au contraire, sur les statues de l'Hôtel de Ville de Saint-Antonin et, d'une manière générale, sur les œuvres les plus récentes, les plis sont extrêmement nombreux et serrés, mais les draperies sont toujours relevées au bord par le retroussis caractéristique. Il est évident que c'est une conception picturale que les sculpteurs se sont évertués ainsi à traduire en pierre. On retrouve dans la peinture murale du Xir siècle ces étofî'es aux plis fins, retroussées sur les bords.

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