‹ L'homme de génieChapitre 111 sur 257 · LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

LA LOCOMOTIVE

Le soleil est conehé. Partout dans la campa^e Les villageois nombreux suspendent leurs travaux; Le bétail à pas lent descend de la montagne; La diligence passe aa grand trot des ekevanz.

Le ciel est pur, l'air est tranqunie; Les oiseaux gasoniUeurs sont retournés au bois;

Dans le lointain famé la ville, La nature d'un ton baisse sa grande voix.

Il fera le tour de la terre, Il roulera pour sûr, un jour, sons TOcéan :

Mais ses feux ronges de Tarrière Disent qn*il vent aussi des martyrs et dn sang I

Ainsi que le Progrès, il brise les obstacles QuHl rencontre sur son chemin;

Ainsi que le Progrès, il a fait des miracles, Lui le pins grand miracle hnmain.

Si sa trop vive ardeur n'était pas refrénée,

Il marcherait jusqu'au trépas.

Et Tunivers entier à sa course effrénée

Ne suffirait peut-être pas.

Pour lui la plus haute montagne

Ouvre ses rudes flancs; Pour lui la plus belle campagne

Laisse entamer ses champs; Pour lui la profonde vallée

Porte des monuments ; Pour lui la rivière encaissée

A des points élégants.

Ce monstre annule les (^'entières

Séparant les peuples entre eux;

Il ne connaît pas de barrières;

Il voit partout les mêmes deux.

Il augmente le nombre d'heures

Que nous devons vivre ici-bas; Il apporte la vie aux plus humbles demeures; Les points les plus distants pour lui sont à deux pas.

Il contribue à la défense

Des pays qui sont menacés,

Il jette les soldats de France Sur le sol ennemi, tout frais, tout équipés.

Et lorsque après mainte victoire

II les ramène triomphants,

Il est glorieux de leur gloire; Son pouls a, ce jour-là, de plus chauds battements.

Ce monstre, dont la moindre pièce Est le fruit d'un labeur constant, Montre ches notre humaine espèce Le Progrès toujours persistant.

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