CHAPITRE PnRlIIER
C'est la commnniintë des idées Marchant vcra an bat général ; Ce Bout lea foTcen inHlCrisûcB; »t le BOnflle de Dien Tividant le métal.
1 y a là un certain souffle poétique qui n'est vraiment point à dédaigner.
> Et cependant voici quel était alors l'état d'esprit de l'auteur, dont le docteur Sentoux a rapporté l'tiistoire :
> R..., à la suite de travaux intellectuels excessifs, avait élé pris d'idées tristes et d'hallucinations de l'ouïe; on l'insultait, on le menaçait... H s'imagina qu'on en voulait à sa personne, et se proposa de vendre cht^remenl sa vie. On se di'cida à le conduire k Charenton.
> H y resta sombre, ombrageux-, rien ne put le Taire sortir de son isolement; il refusa constamment de répondre aux lettres de sa famille.
> Malgré cet état d'affaissement mélancolique, malgré la persistance des hallucinalions et Jes idées délirantes, il entreprit divers travaux, notamment une traduction des œuvres de Dickens, et composa plusieurs poésies, entre autres celle dont nous venons de donner des extraits: ce malade finit par avoir un accès de délire aigu, sous la violence duquel il succomba (1).
» Mais revenons au Glaneur de Madopolis et à ses rédacteurs. Pendant que M. Z... fondait le journal, il y avait dans la section un jeune ingénieur qui venait à la maison pour la troisième fois avec des idées de grandeur. Il se mêlait peu au mouvement littéraire qui se passait autour de lui; toute la journée il écrivait des lettres à l'Empereur, à l'Impératrice, à Desbarolles, à ses parents >.
tl t SEtronT. De la siirfxcilalwrt des facult''» inUUtctiteUes dans la folie. Thè-oa de P.iri». p. I2Î. I8Q.
Un jour, le rédacteur en chef du Glaneur vint lui demander sa collaboration. Son amour-propre fut flatté par cette requête; il se mita Tœuvre tout de suite et apporta son premier article, qui commençait ainsi :
« Qu'est-ce ?
> Le journal de la maison de santé de Charenlon est destiné à recevoir le pus de nos blessures?...
» Pusons donc! etc.
 Tunanimité Tartlcle fut déclaré trop incohéi^nt et refusé. Notre rédacteur ne se découragea pas; la prose ne lui réussît pas, il fit des vers.
J'aime le feu Ae la Fovgère Ne durant pa«, mais pétillant; La famée est &cre de goût.
Hais des cendres de : là Foa j'erre On peut tirer en s'amuaant Deux sous d'un sel qui lave tout, De soude, un sel qui lare tout!
Mio-Mac.
Nouveau refus: le comité n'aimait pas Tesprit. Il se fâcha et écrivit à ses collègues :
«Apprenez donc à épeler votre Mie-Mac f Je vous offre une collaboration que je vous payerai à coups de pied au derrière, si cela me fait plaisir».
Les journaux des hospices italiens. — Du reste, toute une littérature, que j'appellerai frénopatique, nous est fournie par les journaux spéciaux qui depuis longtemps, sont publiés par tous les meilleurs Hospices daliénés, en Italie.
Le plus ancien est le Diario deWOspixio di Pesaro, que j'y ai fondé en 1872, presque complètement rédigé par des aliénés. 11 fut suivi de près par ceux des Hospices de Reggio, Palerme, Pérouse, Ancône, Colorno, Naples, Sienne, Ferrare, Mombello, Alexandrie et enfin par celui de Pavie.