chapitre; premier
Btentions et en peu de mots je m'en débarassai. La pièce {Inie Je tiie levai le premier: de suite se leva aussi le manant qui élaît près de moi, il donna un coup de poing sur là bras gauche de son compiignon et alors ils se levèrent tous, ne faisant semblant de rien, maïs avec l'intention de me suivre (l). Je m'éloignai vile, mais arrivé au fond de l'escalier, j'aperçus un jeune monsieur de haute taille, immobile cl placé de manière à me barrer le passage. Je me ^^ayai quand même le chemin et je partis. I^Bde soir-là ma tète divaguait et dans une rencontre j'au- ^Bbîs jeté le prix de ma vie; mais ma pensée étant tombée éur mon persécuteur, un jeune portefaix de la G..., qui était aussi le chef du complot, je résolus de le rencontrer. Il élait minuit; tout seul je m'acheminai par la rue dite des Mulets, et je vis, à quelque pas de moi, trois ou quatre jeunes gens aux a(>uets: je soupçonnai que celui que je cherchais était avec eux; d'un pas aussi léger que possible je les suivis, mais ils se doutèrent de ma présence et disparurent. Je n'avais pour toute défense que la clef de ma porte, pourtant, ce soir-là mon instinct était tel, que je n'aurais pas craint même le plusadroill — Je m'arrêtai silencieux vis-à-vis d'une cbaudellerie et, entendant quelqu'un marcher par le même chemin que j'avais suivi, j'attendis. C'était un soldat, qui me dépassa sans me regarder; comme je ne voyais que des mystères partout, je le suivis pour me rassurer, mais je finis par le perdre de vue.
Pendant quelques jours on me laissa tranquille, mais ensuite mon persécuteur et ses compagnons recommencèrent, «t, peu à peu, devinrent intolérables. Le soir, la nuit, le jour ils me tracassaient par leurs chansons, par leurs insultes. — J'en souffrais beaucoup : j'avais perdu l'appétit, et la toux
itl Ile nn>iiio qu'il sy sert de certaine niotn îitpk une »lt:iiifli;alinn Biiùciiilp. ainsi il îiilcrprète diOfùrpmment les paroles des autres, et en fnit le point du dt'p-krt de se> hnïluoJanttous et de sea di^lires de persécutiou.
grave pens(5e de mon bonheur peidu, par suîle de tant d'iofamics et de toutes les soiifTrances que j'endurais, un geste de désespoir me fit marcher vivement en avant.
De temps en temps il me semblait voir comme des arbres sur lesquels étaient grimpés des hommes qui me regardaient et les arbres mêmes se plier devant moi. Quand j« les fixais, tout disparaissait. Mais ne disparaissait point la voii inrernale qui me poursuivait: alors que je me retournais, elle semblait même résister à ma fureur persistante; tout d'un coup elle se faisait entendre plus au loin, puis avec elle s'éloignait un cri plus fort, et alors je marchais en avant.
A un certain moment, je ne sais si ce fut à cause de ml vue troublée ou parce que le ciel était obscurci, je ne voyais plus la route et, plus d'une fois, je me trouvai en danger.
La fatigue et le sommeil m'accablaient : tout mon corps était baigné d'une sueur froide. Je m'enveloppai le mieux que je pus dans mon manteau et je me couchai ainsi au travers des tas de gravier qui bordaient le chemin; pourtant je ne pouvais point m'y fier, car le sommeil me prenait de suite: les illusions s'évanouissaient quand je baissais la tête et revenaient aussitôt que je ta relevais (1).
Enfin j'aperçus une lumière dans la guérite d'un gardebarrière de la voie ferrée. Je frappai : un homme vint k la croisée me demander ce que je voulais. Avec le peu de voix qui me restait, je le priai de me donner un peu d'eau: il sortit et m'en remplit deux pois; alors je le questionnai sur le chemin pour arriver à la ville et il m'enseigna une roule qui l'abrégeait. Après l'avoir remercié je repris mon chemin, faisant tous les efforts possibles pour marcher. Enlia j'arrivai à Milan et j'allai à un auberge.
(1) Les bal1ucin»t1on« étaiiMit Év[di;!
du système vpineox cèrùbral.