‹ L'homme de génieChapitre 128 sur 257 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

B' Celle lendance, ou toul au moins, la Icndnnce aux aWné- Kitions, aux rimes, se rencontre dans presque lous leurs ■ravaux, même en prose.

^ Pourtant il n'est pas lare de irouver parmi eux des phi- Bosoplies improvisés, qui, dans leuis énoncés, renouvellent ^es systèmes des positivistes, d'Épicure, de Comte; on voit, du moins, élinceler dans ces cerveaux éclairés par la folie, les points plus saillants, d'où ces systèmes ont dû prendre naissance; et cela parce que ils ont moins de misonéisme L^ plus d'oi'iginnlité que les gens normaux. mt Leur caractère plus frappant, l'originalité qui va jus- ' qu'au délire, est duc au débordement de l'imaginalion qui n'est plus retenue par le frein de la logique et du bon sens. Il est naturel que, plus l'esprit est orné et endommagé, moins il aura de mesure. Nous rappelons ici les prétendues métamorphoses et le vagabondage de l'âme de P... de Sienne, les écrits de M... de Pesaro, qui dans sa manie de gréciser avait inventé une langue nouvelle, dans laquelle le gravier s'appcllail lithiase, la mer eguor, les convictions ---agonies, le monde un vase.

L'association plus rapide des idées, l'imagination jiius livc, leur permettent, souvent, de résoudre des problèmes, ion t des intelligences plus cultivées, mais normales, n'ont I trouver la solution.

Un autre caractère particulier aux Tons, et qu'on retrouve i dans les écrits des criminels, c'est un pencliant niarp& k parler d'eux-mêmes ou de leurs camarades, à s'aupûbiographicr, se laissant complètenicnl entraîner par le lorrent de l'ambition et de l'amour; seulement, chez les feus, les expressions sont moins artificieuses que chez les Iviminels. Ceux-ci ont plus de cohérence, mais une force réalrice plus faible cl moins d'originalilé(l).

Ce qoi appartîeal plus encore as foa, c'est : l'asage des assooaanees qoi souTenl reiBpbceBl le raisonnement : remploi de paroles spéciales, qn^ils înlerprétenl i leur Taçon : et FioiporlaBce eiagérée aUribnée aox choses les plus frivoles.

disait Hécart dans la préface de son Gumlama, qui du reste, n'est que l'ooTrage d'un mattoide.

Un grand nombre d'entre eoi, moindre cependant que chez les mattoides, joignent le dessin à la poésie, comme si les mois ne suffisaient pas séparément à Tépanchement de lenrs idées (1).

Le style est heurté; mais il ahoode en phrases vigoureuses et sculpturales, tellement que souvent il égale et parfois même surpasse les produits de l'art plus calme et plus raffiné.

Paman. — Ceci, non plus que le penchant à la versification chez des individus qui, avant de tomber en démence, ignoraient la prosodie, ne doit point émerveiller. La poésie, comme Ta bien dit Byron et comme il Ta démontré par son exemple personnel, est l'expression de la passion excitée, et elle croît en vigueur et en efficacité, en raison même de Texcitation.

Que le rhythme bien plus que la prose, donne issue à Tcxcitation psychique anormale et la serve mieux, nous pouvons le déduire de la veine poétique des ivrognes et des affirmations spontanées de poètes aliénés :

« Je vous écris en ycm — n'en soyez pas choqué, Eu prose Je ne sais exprimer ma pensée »,

(1) Nous parlerons des antres causes, comme de riufluencc du rhythme et du chant, à propos de la mosiqne, dans le chapitre snivant.

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