CHAPITRE II
retins el les idiots, ces derniers dessinant lout-à-fail conriaie 'homme primitif.
17. Uniformité.. — Beaucoup répèlent continuellement la même idée. Ainsi un fou dessinait toujours une abeille rongeant la tête d'une fourmi; — un autre, qui se croyait fusillé, ne peignait que des armes à feu; — un autre encore ne s'occupait que d'arabesques.
18. Résumé. — Ces caractères expliquent les perfections partielles qu'on rencontre chez les déments, car la répéti-» lion du même mouvement le rend toujours plus parfait. D'autres fois, comme nous avons vu pour les poètes et les littérateurs improvisés par la folie, c'est la ténacité et l'énergie des hallucinations qui fait devenir peintre qui ne l'était pas. Brière nous montre Blake se figurant vivants et présents les personnages déjà morts, les anges, etc. — Un étrange poète maniaque, John Clare, qui croyait voir la bar. taille navale du Nil, la mort de Nelson, et était persuadé d'avoir assisté au supplice de Charles I", les dépeignait en effet avec une fidélité si parfaite, une si admirable exactitude, qu'il est probable qu'il n'eût pu le faire aussi bien lorsqu'il possédait toute sa raison, d'autant plus qu'il était sans culture (1).
Ce fait nous explique aussi la présence d'un grand nom-» bre de peintres et de poètes parmi les fous. On reproduit bien ce que Ion voit bien. Il faut remarquer, aussi, que l'imagination trouve un plus grand champ d'action là ou la raison a moins de pouvoir; car la raison, en réprimant les illusions, enlève à l'homme normal une vraie source d'inspirations artistiques el littéraires.
C'est pour cela même que, à son tour, l'art peut engendrer des maladies mentales. -— Vasari raconte que Spinelli^
(1/ Dblei'ierrk. Ouvr,i;rt' t-ité.
310 TROISIÈME PAOTIE
peintre d'Arczzo. s'étanL efforcé de reproduire la diflbrmité de Satan, le vil apparaître dans ses rêves pour lui reprocher de l'avoir fait si laid; celle iipparilion le frappa au point qu'il en tomba gravement malade et qu'elle continua à l'obséder pendant longtemps (1).
La musique chez les fous. — Le savoir musical s'affailtlil assez souvent chez ceux qni, avant de tomber malades, cultivaient l'art avec passion.
Le docteur Adriani vit des maîtres de musique aliénés, perdre presque complètement toute habilclt}, faisant encore de la musique, mais tout à fait machinalement, sans que leur exécution fût empreinte de celte vie, de oe souffle de l'art qui les dislin^uaienl auparavant; d'autres, atteints de démence, exéculaienl unirormémenl le même morceau; et parfois toujours la même phrase.
Donizetti, arriviï au dernier degré de la démence, ne remarquait plus les mélodies qu'il chérissait; ses demieri opéras se ressentent de celle influence fatflle que les critiques observent aussi dans la symphonie de la Fiancée de Messine de Schubmann. composée pendant ses accès maniaques (2).
Mais ces faits ne sont point en contradiction avec noire assertion, que la folie éveille de nouvelles qualités artistiques chez ceux qui en élaient dépourvus: ils démontrent seulement, comme nous l'avons vu pour les peintres, qu'elle n'a pas de pouvoir pour ceux qui, les possédant déjà, sonl frappés par la maladie.
Une mégalomane, déjii syphilitique, soignée par H. Tant-' burini, chantait, étant excitée, de très beaux airs et, même temps improvisait au piano deux différents molirs qui' n'avaient aucun rapport entre eux ni avec son chant; ce que
(1) Yâuhi. Vitu ilfi pittori celeln'i.
(ï) CuMï-iT. Lis miiiiciVn» eri'',r'-g- Piiria, IMS.