‹ L'homme de génieChapitre 137 sur 257 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Fin dépendance des

ciHilîrme la découverte de Luys sur (•misphères cérébraux.

L'n jeune homme atteint de pellagre el qui guérit dans ma diniqne, inventait des mélodies expressives el originales.

M. R^ggi m'écrivait qn'il avait soigné une mélancolique, qui, pendant ses accès, jouait sans entrain el presque avec répugnance, maïs qui, l'accès fini, passait des journées eotiéres an piano, exécutant, avec rentiiousiasmc d'une vraie artiste, des partitions 1res didiciltss.

Ainsi un paralytique présenta, dans loul le cours de sa maladie, un vrai délire musical, durant lequel il imitait tous les iaslrumenls de musique, s'agilant, pendant les a piano, dans un enthousiasme plirénétique.

M. Raggi m'a aussi parlé d'un dément paralytique qui, s'élant cassé le fémur, rendit inutile tout appareil compressif, chantani conlinuellemenl à pleine voix les motifs du Trovalore el accompagnant le chant avec des mouvemeols rliythmiques et saccadés du bassin. — Le goAt du chant monotone se manifesta aussi dans un paralytique qui se disait grand amiral.

Chez les maniaques prévalent les notes aigiies et joyeuses, surtout dans les péiiodes de gaieté, et plus encore la répétition du rhythme.

Tous ceux qui visitent, même à la liûte, un asile d'alié-

«és, remarquent la fréquence des chants, des cris, et > Voui alte e floche e siioti di mnn cuii elloll). ■ On comprendra aisément ces faits, en se lappelanl comlent Spencer et Ardigà ont démontré que le rhythme est la forme la plus générale sous laquelle se manifeste l'énergie de la nature universelle, depuis le crislal jusqu'à l'étoile.

(Il nmn. Divine CumAliK. — « Dns Toli tantôt liaiilcn, Uiiit'il faiblrs ai quelle» m inAle lo ohoc tninnltauuï «tvs inHiim •.

TnOISlÈHE PARTIE

homme suit donc i'irapulsion 'y abandonnant de toute ma-

jusqu'à l'organisme humain:

de l'organisation générale en

nière, et d'autant pins qu'il est moins modéré par )a raison.

Cela explique aussi l'abondance de néo-poètes dans l«s

hospifiis.

C'est pour cela que les peuplades sauvages sont natiirellemenl portées h la musique. Un missionnaire confiai! h Spencer que, si le soir il leur apprenait les psaumes en musique, il était sûr que, le jour suivant, ils les répétaient par cœur sans difBculté.

Les sauvages Tont usage, en parlant, d'une sorte de cbaot monotone analogue à nos récitatifs. — Les poèmes primitifs se chantaient, d'où le nom de chant appliqué à la poésie. Les formules magiques et les recettes mystérieuses des anciens (1) se chantaient aussi; de là le mot d'enchantentmt. Même k présent, dans les environs de Novi et d'Ouh, j'ai souvent entendu des paysannes faire des demandes, en modulant leur voix avec un vrai rhythme musical. Les improvisateurs n'arrivent à évoquer leurs vers qu'en chantant et en agitant tous leurs muscles.

< Il faut ajouter, selon l'ohservation de Spencer (2), que le chant emploie et exagère les signes du langage natunil de la passion. L'excitabilité mentale, dit-il, se transforme en musculaire. Un entant à la vue d'une couleur brillante saute de joie: une forte sensation ou une émotion poignante nous font gesticuler; elles excitent, en somme, le système musculaire qui est d'autant plus agité que les sensations sont plus vives. Une faible douleur fait gémir, une forte douleur fait crier: la hauteur de la voix varie selon la force de l'émotion, de manière que dans les plus fortes émotions elle monte jusqu'à l'octave et encore plus haut; el le ctiant est toujours involontairement accompagné de tremblements et d'agitations des muscl

(l) CiTON. Dw m rusiiro.

i2) Srtnrtk. Etsais de tnor

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