CHAPITRE m
, une connaissance miniiliiiiise dos codes, qu'ils veulent toujours appliquer à leur propre avantage, accunuilanl instances sur instances, mémoires sur mémoires, et en telle quantité qu'il serait dilTicile de l'imaginer. Ileaitcoup s'attachent à un personnage, intriguent auprès de lui, puis ils vont jusqu'au Roi, jusqu'au Parlement; tout d'abord ils réussissent, surtout auprès des membres du Parlement, ou, tout au plus, sont'ils tenus pour des plaideurs exagérés; mais enfin, après que leur insistance a fatigué clients, juges, députée, ils transforment lenr violence avocassiêre et écrivailleuse en voies de lait, ils sont assurés que tout leur sera pardonné, grflce à la Justice de leur cause, et se tournera même en leur faveur; ce qui, à vrai dire, leur arrive quelquefois, grâce à l'absurde institution des jurés; ainsi G..., après avoir peidu un procès, avait blessé d'un coup de fusil le comte Collî ; il fut acquitté, grûce h la singulière éloquence qu'il déploya devant le jury; dix ans plus lard, il finit par envahir, h main armée, un appartement qu'il avilit déjà vendu el qu'il voulait néanmoins reprendre.
Comme rérotomane s'éprend d'un personnage idéal, ou s'imagine être aimé par tel qui ne l'a jamais vu, ainsi ces plaideurs ne voient point dans le droit d'autre aspect que celui dont ils peuvent lîrer parti; les avocats et les juges qui ne les soutiennent point deviennent autant d'ennemis, contre lesquels ils concentrent la liaine la plus acharnée, et auxquels ils font remonter tous leurs malfieurs. Il n'est point rare de les voir s'ériger eux-mêmes en juges suprêmes dans leur propre cause, condamner de leur propre initiative leur» adversaires, et aller jusqu'à exécuter leurs sentences. — Un certain B..,, à qui le curé, pour régulariser un contrat, avait enlevé un cliamp, se mit en tête qu'il avait le droit de blesser tous les prêtres de son pays, parce que, disait-il, le catholicisme est en opposition avec noire Goiivei'nemenl; poui' le même niotîf, il tenta d'in-
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cmàier l'église, le tout aprèf: une séné ^ firwaK et de procl&malîoA€ très seoséeE, si r«B i«st, Jshk ie imi. Bats DOfi daAf rapplkafîoB.
Ces mabdes aussi oai tous vae ionse d^Msiftare loal-à- Cait aoalogue, a lellres trai allongées (f); on asssi abvseoi de Talphabet; fiiais ici, le ikëne eai, pins liicjuasak dans iear cerde persoDiiel et plos violeat, €t ils ae umcbeoi que par rieoebet k la question socâie;* rriifîevse, Hc
Pourtant, chez un grand nombre de ces plaîdesrs; les débats personnels se mêlent aux Intles poiitîqves! et c'est lii l'espèce, qui, de nos jours, apparaît oomiBe la plus dangereuse ; il s'agit, en général, d'indiTidos auxquels une iis- Iruclion insuffisante et une extrême misère ne permetteot point de répandre par la presse leurs folles phantasies et dont ils se soulagent en violence de laits; tel fat SaadoD qui donna tant de mal à Napoléon et k Billault, et qui était un vrai mattoïde politique; tels étaient aussi Cordigliani, Passanante, Mangione et Guitteau.
Kraiït'Ebing nous parle d'un homme qui avait fondé ud club des opprimés en faveur de ceux qui n'obtiennent point justice des tribunaux : il en envoya les statuts au roi.
2. Maiioides de génie. — Non seulement il existe une gradation, un passage insensible entre les aliénés et les personnes saines, entre les fous et les mattoîdes, mais encore il existe un lien entre ces derniers, qui, pourtant, sont la négation du génie, et les hommes de vrai génie, si bien que dans ma collcclion, il est des malades pour lesquels je ne suis point parvenu à déterminer à laquelle de ces trois classes ils doivent appartenir. Tel est par exemple Bosisio de Lodi.
L. Bosisio, de Lodi, âgé de 53 ans, a un cousin crétin, une mère saine et intelligente, un père intelligent, mais
(1) Voir la riauclie XIv
ClIAClTltE in
ivrogne; deux de ses frères sont morts de m*!ningilc. Garde des finances, dés sa jeunesse, il émigra en 1848; mourant de faim à Turin, il se jeta du haut d'une fenêtre et se fractura les jambes. Kn 1859, nomnn5 commissaire des finances, il remplit bien son emploi jusqu'à l'année 1866, oâ, tout en montrant de l'inlelligence et de la correction dans l'accomplissement de son devoir, il commit des actes bizarres, et surtoul inexplicables pour un membre du monde Iranquille de la bureaucratie; ainsi, il acbèle, un jour, tous les oiseaux qui sont à vendre dans le pays de Bussolengo, puis, il ouvre toutes les cages pour les mettre tous en liberté; il se met à lire des journaux toute la jourm'e et envoie au Gouvernement des avis assez énergiques, pour qu'il empêche le déboisement, le massacre des oiseaux etc. Renvoyé de sa charge avec une modique pension, il abandonne tout à coup son existence splendidc et se limite h la seule folentanon salée; il abandonne peu à peu tous ses vêteroents. excepté la pelile culotte courte et la chemise; il consume son maigre pécule dans l'achat de journaux et de livres sans valeur, ainsi que dans l'inipression d'opuscules écrits en faveur de la régénération de la postérité; il les répand partout gratuitement : La critique de mon trtnps. — Le cri de la nature. — Le ^ US du cri de la nature.
En étudiant ces opuscules, et surtout en écoutant parler Oosisio lui-même, on s'aperçoit qu'il s'est créé dans sa tête un système non dépourvu de logique. Nous souffrons, dit-il, de la maladie des raisins, des vers à soie et des écrevisses; nous souffi'ons dea inondations : tout cela doit provenir des dégdis produits dans le globe par le déboisement, par le meurtre des oiseaux, et, ici commence In folie, par le tourment que nous lui donnons en faisant passer sur lui le chemin de fer. Dans l'ordre économique, les affaires vont aussi mal : en allant au devant des emprunts ruineux, nous com-
TROISIÈME PAnilE
piotnetlons l'avenir de la poslérîtij dont BosisiOFe conslîtuft le champion.
vil faut ajouter, continue-l-il, que les anciens Romaioff accomplissaient de longs exercices, qu'ils n'avaient point te luxe dont nous jouissons, ne prenaient point de café; loutefl ces choses compromettent la postiîrilé; car elles gâtent Ie« germes de l'Iiumanilé ! el ce qui les gâte encore, ce sont les abus des femmes. les mariages d'argent, et une cer laine charité très mal entendue. On préserve la vie d'il fortunés enfants, estropii5s, cachectiques, qui, tués h tempSi ne se reproduiraient point; de même, si an lieu d'entre* tenir à l'Iiospice, à grands frais et à grand peine, des in* dividiis maladifs, on aidait les plus robustes et les pli forts lorsqu'ils deviennent infirmes, la race s'amélioreraib El tes voleurs, les assassins ne sont-ils pas eux-mêmes dM malades qui devraient être extirpés du monde pour sauve garder la race? — Comhien n'est point funeste et bestial l'avidité humaine 1 — Tout est devenu indifférent, afin d satisfaire l'appétit, instinctif, vorace, insatiable, sans pense au sort des générations qui doivent nous succéder; san penser que cette destruction, que cette dissipation df beautés et des richesses de la nature est un crime, terribU crime d'usurpation envers les droits les plus sacrés de U postérité I
* Mais l'on s'imagine peut-être pouvoir compenser Ylmt^ rible massacre (des oiseaux, des poissons etc.), la ruiiH désolante, en procréant une nuée immense d'enfants doi pour exalter l'esprit, pour encenser la bonté, pour aduli la beauté, il ne faut pas moins que toute la tendresse { l'amour maternel, toute la dépravation d'un courtisan e fréné, ou, enfin, toute l'imbécillité du prétendu boa sel populaire?
f Celte malencontreuse manie de la procréation, qui poua inexorablement tous les peuples dans un abîme dont (