CHAPITRE III
Son nom î Je me sonvienB qu'il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la vie exila.
Son regard est pareil aux regards des statues,
Et pour sa Toix lointaine, et calme, et grave, elle a
V inflexion des voix chères qui se sont tues.
1» J'aime aussi la Chanson (Tautomne, quoique certains ots (blême et suffocant) ne soient peut-être pas d'une enire propriété et s'accordent mal avec la « langueur » expriée tout de suite avant :
Les sanglots longs Des violons
De Tautomne Blessent mon cœur D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant Et blême, quand
Sonne Thenre, Je me souviens Des jours anciens,
Et je pleure.
Et je m'en vais Âu vent mauvais
Qui m'emporte De ça, de là, Pareil à la
Feuille morte.
> Il chante la sainte Vierge dans un fort beau cantique:
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie,
Car, comme j'étais faible et bien méchant encore Aux mains lâches, les yeux éblouis des chemins, Elle baissa mes yeux et me joignit les mains Et m'enseigna les mots par lesquels on adore...
Et tous ces bons efforts vers les croix et les plaies, Comme je l'invoquais, elle en ceignit mes reins.
> 0 les douces choses que sa piété lui inspire !
346 TReiBiÉHE paruf
ËooateK la «hanson bien ^oooe Qni ne pleure qne pour vous plaire.
Elle est discrète, elle est légrère :
Un frisson d*eaii snr de la mousse 1..
EUe 4it, la voix reconnue, Que la bonté, c*est notre vie.
Que de la baine et de 1* envie meit m cefllbe, la mtrt Tome.
AccneSlles la yMx qnl fitmirtin Bans son naïf épitbalame.
Allez, rien n*est meilleur à Tâme Que de faire une âme moins triste...
Je ne me souviens pins que du mal qne j*ai fait...
Dans. tons les mouvements bizarres de ma vie, De mes malheurs, selon le moment et le lien, Des autres et de moi, de la route suivie. Je n*ai rien retenu qne la bonté de Dieu.
Mais déjà dans les Poèmes saturniens, se rencontrent des poésies d'une bizarrerie malaisée à définir, qui sont d'un poète un peu fou, ou qui peut-être sont d'un poète mal réveillé, le cerveau troublé par la fumée des rêves, ou par celle des boissons, en sorte que les objets extérieurs ne lui arrivent qu'à travers un voile et que les mots ne lui viennent qu'à travers des paresses de mémoire.
Écoutez d'abord ceci :
La lune plaquait ses teintes de zinc
Par anj^les obtus; Des bouts de fumée en forme de cinq Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.
Le ciel était gris. La bise pleurait
Ainsi qu'un basson.
An loin un matou frileux et discret Miaulait d^étrange et grêle façon.
Moi, j*ailai8 rêvant du divin Platon
Et de Phidias, Et de Salamine et de Marathon, Sous Tooil clignotant des bleus becs de gaz.
Et puis c'est tout. — Qu'est-ce que c'est que ça? — C'est une impression. C'est l'impression d'un monsieur qui se