CHAPITRE
la commodité des personnes des deux sexes qui se Irotivei'oDl es piornenade à tiaveis tout le moaumeni, et cela pfHir éviter à ces personnes la peine d'avoir à s'éloigoer pour la satisfaction d'un besoin, de ce lien de délices, et pour (qu'ils B'aienl point à souffrir Jusqu'à ce qu'ils aient trouvé un local qui convienne à leur dessein k. L'idée est vraiment lumineuse et décente ! — Ce qui est t;urieux, c'est d'autre part, cette rivalité, cette analogie dans le mal, qui les- li« tous: presque tous saccagent les monuments les plus célèbres, biea entendu en les jetant à lerre. — Tous abondent, d'ailleurs en symboles allégoriques des plus bizaries, en épigraphes, eu inscriptions; quelques-uns même de ces projets ne sont qu'un volumineux amas d'écrits traitaot de races, d'accouplements, de cabales, de tout, excepta du pauvre ftoi {galantuomo); mais surtout il y est question du prétendu génie de l'auteur.
Et ici apparait le caractère qui émerge souverain chez tous, la vanité parvenue à ce dcgié de maladie où chacun d'eux voit dans son pâté un giand chef-d'œuvre. L'un d'eux déclare qu'il n'est ni ingénieur, ni archilecle, mais seulement inspiré par Dieu. A. B. n'envoie pas son projet à la Commission, parce qu'il est trop grandiose, Un autre enGn termine par ces mots; Combien est grande la pensée de l'artiste I
Presque tous sont étrangers à l'art dans lequel ils se croient passés maîtres. Dossi a trouvé, parmi les auteurs de projets, des professeurs de mathématiques, de grammaire, des docteurs en médecine et en droit, des militaires, des comptables, d'uuliGs enfin qui déclarent n'avoir jamais manié ni crayon, ni compas.
Mais, en attendant, leur position sociale assez élevée confirme ce dernier caractère — pour moi liés essentiel; — qu'il ne s'agit point ici, comme on pourrait le soupçonner, d'imbéciUes ou de véritables aliénés, mais d'hommes respectés en dehors de leur folie artistique; lel doit êlre ce M...,
membre de la Société impériale russe d'archéologie, du Syllage hellénique, architecte en chef de la Roumélie et des palais des sultans, chevalier etc. et commandeur: peut-on aller plus loin?
Quand nous comparons ces stupides avortements aux peintures nées sous l'inspiration de la folie (je ne parle pas ici des peintres devenus fous, chez lesquels, comme chez les poètes et les musiciens, le talent s'est plus affaibli que fortifié, surtout pour les proportions vicieuses, le manque d'harmonie dans les tons), quelle différence I On trouvera sans doute bien souvent chez les fous véritables l'absurde, le disproportionné, mais souvent aussi la véritable, Texcessive originalité jointe à une sauvage beauté sut generis, qui rappelle jusqu'à un certain point les chefs-d'œuvre de l'art du Moyen-Age, et surtout des Chinois et des Japonais, si riches, si extraordinai rement riches en symboles; on verra en somme que l'art souffre ici, non de l'absence, mais de l'excès du génie qui finit par s'étouffer lui-même.
Qui ne voit enfin que le fou, dans l'art, est mille fois supérieur au raattoïde, autant peut-être qu'il lui est inférieur dans la vie pratique, et que, en somme, dans le domaine de Tart, le mattoïde se rapproche de l'imbécille et le fou de l'homme de génie?