CHAPITRE IV Sab
Ln Chambre Apostolique devrait pourvoir à l'enlretien des veuves et orphelines:
Chafjue qunrlier de Rome aurait un grenier public:
Si un romain élail tué au service de la patrie, ses héritiers auraient 100 tires s'il était fantassin et 100 florins s'il était cavalier:
One les villes et les forteresses auraient des soldats tirés du sein du peuple romain :
Tout accusateur, qui ne pourrait point justifier son accnsalion, serait soumis à la peine à laquelle aurait été condamnée sa victime :
On ne détruirait plus, ainsi qu'on le faisait alors dans tontes les Communes, les maisons des condamnés, mais elles apparliendraienl à la Commune.
Cola obtint de ce parlement populaire la pleine domination de la ville; il s'adjoignit comme compagnon inoffensif le Vicaire du Pape, se décerna le litre de Tribun et accomplit de véritables miracles; il ttt renaître la paix là où était le chaos; il put voir plies à ses pieds les superbes barons, et jusqu'au rebelle et puissant préfet de Vico. Il exerça une justice sévère envers tous, envers les puissants comme envers les gens du peuple. On pendit par son ordre, comme violateurs de la loi, des Orsini, des Savetli, des Gaetani, et même des prêtres, comme le moine de St. Anaslase. inculpé de plusieurs assassinats.
Avec ce tribunal, dit tribunal do paix, il réconcilia 1800 citoyens d'abord ennemis mortels. Il abolit, ou plutôt tenta d'abolir l'usage servile du titre de Don qui se retrouve encore chez nous dans le sud; il interdit le jeu des dès, le concubinage, les fraudes sur les comestibles, qui servaient h gagner la faveur de la multitude. H créa enfin une vraie milice civique, une véritable garde nationale!
Il fit elTacer lotis les écussons des nobles sur les palais, sur les équipages et sui' les bannières; car il [ne devait y
386 xnoisiÈME partie
avoir dans Route d'autre domination que celle du pape et la sienne.
II rétablit une taxe d'un carlin et de 4 dcnarï par foyer dans chaque ville et cité du district de Borne, et il fut obéi jusque dans les communes de Toscane qui pouvaient avancer, des prétextes pour refuser. Les receveurs ne siilBsaieat point au tiavaii. Tous les gouverneurs, moins deux, se soumirent. Enfin, il institua une sorte de justice de paix, de. conciliation, même pour les questions pénales.
II fil même plus, II imagina, ce que même Dante n'avait point rêvé: une Italie qui ne fût ni Guelfe, ni Gibeline, ayant à sa lêle la commune de Rome, dans laquelle, le premier en Italie, comme h Paris son contemporain Marcel, il tentft' de rassembler (et il ne fut compris que de 35 communes),., un véritable Parlement national (1).
S'étanl enfin transporté à Avignon, il sut accomplir l'eft^ Ireprise que j'estime la plus étonnante de toutes; se fairej après tant d'actions et de paroles liostiles à la Cour papale*. pardonner par ceux qui ne pardonnent jamais, par les pri^ très, et par les prêtres de ce siècle féroce et implacable; et se faire renvoyer, pour peu de temps il est vrai et dans un« position subalterne, dans un poste qui aurait àù être pour eu\ la pire des menaces.
Folie. — Mais tous ces miracles, hélas ! ne durèrent que peu de jours; lui qui dans les conceptions politiques dépassa non seulement ses contemporains, mais encore beat coup de modernes, qui devança dans l'idée unitaire Mszzii et Cavour, était, à n'en point douter, un monomane. Autant il était, de l'avis de ses historiens Re et Papencordl, grand dans ses conceptions, autant il était inceitain cl nul dans les choses pratiques. Il ic montra bien, par exemple, quand,
11) V. PipncoKDT, C'-la rfi RUnso. 1844. - iloenotioTiD*, Slt
>ath ziaj