CHAPITRE IV
Iriclie, d'AllemagDc, de Russie cl quelque petit Duc, par dessus le marché. Et passe encore à notre époque, où, au moins en paroles, on assure que lu droit prime la force, mais alors !
Et ce n'était pas là un égarefiient d'un ujomenl.
Nous possMons encore la communication diplomatique destinée aux empereurs, après cette folle cérémonie théâtrale. Extrayons en quelques passages (1):
* En vertu de la niômc autorité et des faveurs de Dieu, de l'Esprit Saint et du peuple romain, nous disons, ploierions et déclarons que l'Empire romain, l'élection, juridiction et monarchie du St. Empire appartiennent de plein droit à la ville de Rome et .'i toute l'Italie, pour beaucoup do bonnes raisons que nous déclarei-ons en temps et lieu, et après avoir intimé aux Ducs, aui Rois, etc., l'ordre de comparaître, à partir de ce jour jusqu'à celui de Pentecôte, devant nous, dans St. Jean de Latran, avec leurs titres et prétentions, sans quoi, le terme expiré, il sera procédé en avant contre eus, suivant les formes du droit et l'inspiration du Saint Esprit i.
Et toutefois, il ajoute comme s'il ne s'était pas suHisammont exprimé : < Outre ce qui a été dit jusqu'ici, en général et en particulier, nous citons personnellement les illustres Princes Louis Duc de Bavière et Charles Duc de Doliéme, soi-disant Empereur», ou électeurs de l'Empire; en outre, le Duc de Saxonîc, marquis de Brandebourg, etc., pour qu'ils comparaissent dans le susdit lieu devant nous, en pei'sonne, et devant les autres magistrats, sans quoi, nous procéderons contre eux comme contumaces, etc. >.
C'en était trop ! L'anîmosîté des Colonna et des Orsini fut suspendue pour un moment. Us se réunirent pour lo combattre, pour conspirer.
(I) Oxmo. De acii* prmtifie., toin. 2 e
Un de leurs sicaires, qui voulaJl attenter aii\ jours du tribun, Tut arrêté, cl, mis à la torture, accusâtes nobles; (Je cet instant, Rienzi tomba dans le sort d'un tyran, il es prit les soupçons et les maximes. Peu après, sous difTéreala pnHextes, il invita au Capitolin ses principaux ennemis, parmi lesquels se trouvaient aussi plusieurs des Orstni et trois des Colonna; ils arrivèrent, persuadés qu'il les inri'^ tait h un conseil ou à une fête, et Rienzi, après les avoii* conviés à un gai festin, les fil arrêter : innocents et coih pables durent éprouver la même (épouvante.
Le son de la grande cloche ayant fait accourir le peupIS] ils furent accusés d'une conspiration contre la vie du Iribiin; et il ne s'éleva pas une seule voix, ni une seule main, pour défendre les chefs de la noblesse de ce grand péril.
Ils passèrent la nuit dans des chambres séparées, e Etienne Colonna, heurtant à la porte de sa prison, sopplîl plusieurs fois qu'on le délivrai d'un esclavage aussi tiunit liant. L'arrivée d'un confesseur et le son de la cloche 1^ nèbre les avertirent de ce qui les attendait.
La grande salle du Capitolin, où ils devaient être jngéif était tapissée de blanc et de rouge, comme on avait coutume de le faire dans les jugements de sang. Tout sembla! prêt pour la condamnation, quand le tribun, intimidé al attendri, adressa un long discours au peuple, en leur faveur les fil absoudre et même leur accorda des bénéfices (Pré^ feclure de l'armée) qui devaient être des armes lerribla contre lui. — Ce ne sont point là des choses qui se pusseï faire, en ce temps là; et Pétrarque lui-même trouva qu'i avait été trop clément; le petit peuple exprima d'une niére moins correcte mais plus énergique sa folie: cost» émette il /lato pot ritira le nattche ()).
Et si grande fut sa folie, dit l'Anonyme (emplopnt v< rilablement le terme do folie), qu'il les laissa se fortifier li
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