‹ L'homme de génieChapitre 169 sur 257 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pour recevoir des riches les restes de leurs tables, criant : <( Faites du bien, frères, car cela profitera à vous-mêmes ».

L'exemple de Jean de Dieu provoqua l'émulation; des hommes s'offrirent à lui pour l'aider: il les instruisit dans leurs nouvelles fonctions, et il devint ainsi le directeur d'un groupe qui, en se multipliant, devait former sa grande Congrégation.

Les ressources mises à sa disposition lui permirent de traiter < comme il convient )» les malades.

Un fait digne d'attention, c'est que Jean fut un réformateur en ce qui concerne le traitement des malades, puisqu'il ne mit plus qu'un seul malade par lit; le premier, il eut l'idée de diviser les malades par catégories; il fut en somme le créateur de l'hospice moderne; le premier, il fonda les workhouses en ouvrant dans son hospice une maison où les pauvres sans toit et les voyageurs sans argent pouvaient dormir.

Ce fut à cette époque qu'il adopta le nom de Jean de Dieu.

Tant de bienfaits ne restèrent point ignorés; le nom de Jean de Dieu, père des pauvres, s'était répandu en Espagne. Il en profita, fit un voyage jusqu'à Grenade et revint avec des aumônes grandioses.

Les fatigues, plus encore que l'âge, l'avaient épuisé. Il se traitait avec une austérité exagérée; il voyageait toujours à pied, sans souliers, sans chapeau, sans linge, couvert seulement d'un vêtement de toile, il jeûnait très-souvent, s'imposait les fatigues les plus pénibles, se jetait au travers des incendies pour sauver les malades, se précipitait au milieu des inondations pour sauver les enfants : il s'était enfin donné à tant d'excès de fatigues qu'il en mourut.

Jean de Dieu sentant approcher la mort, fit appeler Antoine Martin son premier disciple, et lui recommanda de continuer l'œuvre commencée, puis il quitta son lit et se mit à prier. 11 mourut à genoux.

On tui fil de splendides funérailles: des malades louchaient sa bière, espérant guérir; le linceul qui le couvrait fut déchiré en morceaux et l'on fit une relique de chaque lambeau (1).

Il fut sanclifié le 21 septembre 1630 par Urbain Vlll «l il est aujourd'hui Saint Jean de Dieu.

II est curieux de remarquer que tous ces saints, Lana* relti, Loyola, ont commencé par être des écervelés ou det criminels.

Prosper Enfantin. — Bien qu'il fûl ingénieur, adniiui» traleur des chemins de Ter, toul ce qu'on peut imaginer plus mathématique, Prosper Enfantin, en 1850, se oiojul être et était en réalité le chef d'une religion nouvelle un pi différente du Saint-simonisme; très beau de visage, d'i front vaste, d'un cœur excellent, il était profondément en vaincu de son infaillibilité, dans l'industrie comme en pbii losophie, en peinture comme en cuisine. 11 avait, comme ï les appelait lui-même, dans le langage propre aux monomli nés, len idées cireonférentielles, dans les quelles chaque fa nouveau trouvait aussitôt sa solution légitime préélablie; j religion nouvelle devait laire de la femme l'égale de i'horam«\( rendre poélique le travail des finances et de l'industrie; i représenlail le Père, et attendait toujours d'avoir trou' la Mère, la femme libre, l'Eve qui devait être une femnu raisonnaule comme l'homme, qui, connaissant les besoii et les aptitudes des femmes, ferait la confession de S( sexe sans restriction, de manière h fournir les élémenli pour une déclaration des droits et des devoirs de la femme, Mais ce Phœnix ne fut point trouvé; car M'"" de Staël fl M'"' Sand, vers lesquelles lui-même et ses disciples se tout nèrent, se moquèrent d'eux : ils le cherchèrent en Orient, i Conslanlinople, et trouvèrent... un cachot. Maïs il n'en perd)

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