CHAPITRE II
soit arrêlée par son propre excès , par Tidiotie complète et par la stérilité.
Les aliénistes ont fixé quelques caractères qui, le plus fréquemment, quoique d'une manière non constante, ac^ coropagnent ces fatales dégénérescences. On signale comme caractères moraux: l'apathie, la perte de sens moral, la fréquente tendance impulsive, la propension au doute, les inégalités et les disproportions psychiques engendrées par un développement excessif de certaines facultés (mémoire, sens esthétique), ou par l'absence de certaines autres (calcul, par exemple), verbosité ou mutisme exagéré, vanité folle, excentricité, excessive préoccupation de la personnalité, interprétation mystique des faits les plus simples, abus des symboles et des termes spéciaux qui amène parfois la suppression complète de toute autre forme d'expression. Comme caractères physiques, nous constatons: les oreilles h anse, la barbe rare, la denture irrégulière, les asymétries excessives du visap^e et de la tête qui est souvent énorme ou peu volumineuse, la précocité sexuelle, la petitesse et les disproportions du corps, le mancinisme, le bégaiement, le rachitisme, la phthisie, Texcessive fécondité, neutralisée plus tard par les avortements, ou la complète stérilité, précédée par des anomalies qui s'aggravent toujours chez les enfants (1).
Sans doute plusieurs aliénistes sont ici tombés dans des exagérations, ceux-là surtout, qui, sur un seul de ces faits, ont conclu à la dégénérescence.
Cependant, prise dans son ensemble, la théorie est irréfutable: chaque jour lui apporte de nouvelles applications et des confirmations. Elle présente une conformité remarquable avec les nouvelles recherches sur le génie.
{X} Màa.xxx. Annales medico-psych. 1887. — - Dfjekinr. L*hrrtklitt' don^ les mtdadies mcnUdei'. 188*». — IseiAND. The Uot and ihe Ih'aid. 1885.
Taille. — Avant tout, il est essentiel de remarquer, chez les hommes de génie, la fréquence des caractères physiques de la dégénérescence, masqués seulement par la noblesse des traits du visage et surtout par le prestige de la renommée, qui a pour eiTet d'en détourner notre attention 6t nous empêche d'y attribuer limporlancc qu'ils méritent.
Le plus simple de ces caractères, celui qu'avait déjà frappé nos pères, et qui est passé on proverbe, c'est la petitesse du corps.
Ce ne fut pas seulement par leur génie, mais encore par leur petite taille que furent célèbres: Horace flepidissimum homunculum dicebat Augusius), Philopœmen, Narsès, Alexandre f Magnas A Uxander corpore parvus erai), Arislole, Platon, Épicure, Chrysippe, Laërle, Archimède, Diogène, Attila, Épictète, qui avait coutume dédire: nQui suisse? un petit homme *. Dans des temps plus proches, on peut citer Érasme, Socin, surnommé VOmelto , Linnée, Lipses. Gibbon, Spinoza, Hay, Montaigne qui écrivait: (f Je suis d'une taille au-dessous de la moyenne», Mézeray, Lalande, Beccaria, Balzac, Thiers, Louis Blanc, Von Doës, dit le Tambour, parcequ'il n'était pas plus haut qu'un tambour, Pierre van Laar, dit le Bamboche: Lulli, Pomponazzi, Cujace, Baldini qui étaient très-petits: tels étaient aussi Nicolas Piccinini, le philosophe Dati et ce même Baldo qui répondait à la moquerie de Bartholo: « Minuit prcesentia fama » , par ces mots: « Augebit cœtera virtus »; enfin Marsile Ficin de qui Ton a pu dire : <r Vix ad lumbos viri stabat » . — Albert le Grand était de si petite taille, que le Pape l'ayant admis au baiser du pied, lui commanda de se relever, le croyant à genoux, quoiqu'il fût sur ses pieds.
Au contraire, de grands hommes doués d'une haute taille je ne vois que Yolta, Pétrarque, D'Azeglio, Ilelmoltz, Foscolo, Bismarck, Monti, Mirabeau, Dumas père, Schopenhauer, Lamartine, Voltaire, Pierre le Grand, Washington, Panizza, Flaubert, Tourgueneff, Krapotkine.