‹ L'homme de génieChapitre 193 sur 257 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

fluence de la race(1) des climats chauds, des diminutions non exagérées de pression, et non rarement des maladies accompagnées de pirexie (4).

Mais la preuve la plus concluante nous est offerte par ces aliénés qui ne possédaient point le génie et qui l'acquirent pour quelque temps, dans les asiles; ils nous montrent comment la génialité, l'originalité, la création artistique et esthétique peuvent se former à la faveur de l'aliénation — chez les moins doués (2).

Une preuve, enfin, et non certe la moins importante, nous est fournie par ce fait singulier du matioide, qui, à l'inverse de l'aliéné, a toutes les apparences, sans la substance, du génie (3).

Apres tout cela, nous pouvons, sans crainte, affirmer que le génie est une véritable psychose, dégénérative, du groupe des folies morales, qui peut temporairement se former au sein d'autres psychoses et en prendre la forme, tout en conservant certains caractères spéciaux qui la distinguent de toutes les autres.

L'identité du génie à la folie morale, se voit dans cette altération générale de l'affectivité (4) qu'on découvre, plus ou moins masquée, chez tous (5), jusque dans ces rares phé-

(1) V. pirtie 11, p. 157 et 174. Planches IV et V. — Jo dois rectifier la trop faible importance que j'ai assifpné à Tinfilaence de la race en France (p. 171, Planche IV). En refaisant en effet les études en grande échelle je trouve que les dépurtcraents peuplés par la race Belgo-Germaine donnent les proportions plus tjrandes des génies 40 O/o, (de 100 à 200 sur 200.000), tandis que les départements Celtiques ne donnèrent que 13,5 O/o, et les Ibériques 20 O/o- Yicevcrsa Is pr^^miers donnèrent 35 O/o des proportions moindres des génies (30 à 50 pour 200.000 habitants): les deuxièmes donnèrent 61 O/o et les troisicuics doiinérent 51 0 0 des proportions moindres.

(2) Pij,'. 207 à 309.

{'^) Vd'r. .'^14 à 352.

(4) Pag. 76 à 85 et 305.

(5) T. (îautier, racontent les G encourt, déclarait souvent qu'il ne pouvait point se persuader qu'il était véritablement père de ses filles, à cause de sa jeunesse (^Journal des Concourt, 1888). « I>a Fontaine n'était pas très loin

nomènes altruistes, dans ces génies de bonté, auxquels on a donné le nom de saints, ce que nous explique leur longévité aussi étrange dans des malades.

Il y a, sans aucun doute, quelque rapport entre toutes ces observations, et le fait relevé par Tamburini et par moi, que les meilleurs néo-artistes des asiles étaient tous des fous moraux (pag. 305).

Il convient ici de se rappeler que les clephtes étaient des brigands : et que le caractère moral de beaucoup de graods conquérants était méchant au point d*en faire de véritables brigands sur une grande échelle; Ârved Barine, remarquant la belle physionomie de certains brigands dans mon Bomm Criminel, en déduit, avec beaucoup de justesse (1) <quun tel métier exige de grandes qualités intellectuelles et précisément les mêmes que durent avoir les conquérants qui ne furent rien moins que riches en sens moral... L'histoire atteste que le sens moral n'est, en rien, fonction de rinteiligence. Les grands hommes en ont été si souvent dépourvus que le monde s'est souvent vu contraint d'inventer pour eux une morale spéciale qui se résume dans cinq mots souvent prononcés par eux, par Napoléon entr'autres, et par Benvenuto Cellini : Tout est permis au génie >.

d*(Hre un malhonnête homme, écrit Boarget. Que penser d^an mari qui ihaodonne sa jeune feramt* sans motifs aucun, et son enfant ». — Stendhal (Berk" haïssait son père, et il en était haï; il déclara toniours son inTÎneible rè> pu^rnance à Té^^ard des affections obbligatoires de la famiUe. (Bouroet. Esm du Psychologie, 1879, p. 34). Je me consacrais à ses douleurs (écrit Chateai* briand de Pauline de Baumont) ...; elle n^était morte depuis six mois qa'ellf était remplacée dans son cœur. (Bourckt, id.). (1) R>?vue LUV^raire. 15 août 1887, n» X

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