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DE LA NATURE EPILÉPTOIDE DU OÉNIE ET DE LA SAINTETÉ. — Étiologie. — Symptômes. — Confessions des Génies. — La vie d'un grand épileptique. — Napoléon. — St. Paul. — Les saints. — Hystérique philantropique, etc.

Mais pénétrons plus profondément dans l'analyse psychique des phénomènes du génie, à la lumière des nouvelles théories sur l'épilepsie. Aujourd'hui, d'après les études entièrement concordantes des cliniciens et des expérimentateurs, l'épilepsie se résout en une irritation locahsée de l'écorce cérébrale, se manifestant avec des accès tantôt instantanés, tantôt prolongés, mais toujours intermittents et reposant toujours sur un fond dégénératif, soit héréditaire, soit prédisposé à l'irritation par l'alcool, par des lésions crâniennes, etc. (1). — Nous entrevoyons alors une autre conclusion: c'est que la création géniale puisse être une forme de psychose dégénérative appartenant à la famille des épilepsies. Ce qui le prouverait c'est que le génie dérive fréquemment des alcooliques, de vieillards, d'aliénés (2); c'est aussi l'apparition du génie à la suite de lésions à la tête (S); ce qui l'indique, ce sont les fréquentes anomalies, spécialement d'asymétrie crânienne (4) et de capacité tantôt trop grande et tantôt trop faible (4); c'est la fréquence de cette

(1) Voir ArcJiivio di Psichiatria, roi. ii; Homme Criminel, parto m.

(2) V. iupra pages 178, 187, 194.

(3) Id. pag. 197.

(4) Id. pages 10, 12 et 13.

folie morale (1), à laquelle s'ajoutent aussi souvent les hallucinations, la précocité vénérienne et intellectuelle, et non rarement le somnambulisme ; la fréquence du suicide qui est, d'autre part, très-commun chez les épileptiques (8), 1 intermittence et surtout les amnésies et les analgésies, la tendance fréquente au vagabondage, la religiosité qui se manifeste jusque chez les athées comme chez Comte, les étranges terreurs dont bien de fois (W. Scott, Byron, Haller) ils sont saisis, la double personnalité, la multiplicité des délires simultanés, si commune chez les épileptiques (3), et que nous avons vue être presque constante chez eux; la fréquence des délires, même produits par des causes minimes, et le même misonéisme, le même rapport avec la criminalité, dont le trait d'union se trouve dans la folie morale: ajoutez-y l'origine et la descendance de criminels et d'imbéciles (4) qui signale constamment le génie et l'épilepsie, e\ qui peut être constaté dans les tableaux cités des familles des Césars et de Charles V (5); la passion étrange pour le vagabondage et pour les bêtes qui j'ai trouvé aussi souvent chez les dégénérés, et surtout chez les épileptiques (6).

Les célèbres distractions des grands hommes ne sont très souvent, écrit Tonnini, que de simples absences épileptiques (7).

(1) Pag. 76.

(2) V. mon Homme Criminel, p. 601.

(3) Encf^phalé, n. 5, 1887.

(5) V. les tableaux dans Dejerire, ouvr. cité.

(6) H. Criminel, pag. 599. — Mahomet avait une prédilection étrange pour son singe; Riehelien pour son écnreuil; Crebillon, Elvetius, Bentham, Erskine ponr les chats: ee dernier aussi pour une sangsue ! ! Schopenhauer pour Ici chiens quMl a nommés ses héritiers. Byron avait une vraie ménagerie avt^c 10 chevaux, 8 chiens, 3 singes, 5 ehata, 5 paons, 1 aigle, 1 ours; Aifleri poar ses chevaux. (Smiles. Ouvr. cité).

(7) Les Épilepsies, p. 19. Turin, 1886.

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