CHAPITRE
qui € (gouverne les aiTaii*cs du monde (1) », tantôt à la Providence (2).
Hypéresthésie. — Si nous recherchons plus intimement, i Paide des autobiographies, les différences physiologiques qui séparenl un homme de génie d*un homme ordinaire, nous trouvons qu'elles consistent en une sensibilité morbidement exquise.
Le sauvage et Pidiot ressentent très faiblement les douleurs physiques; ils ont peu de passions et ils font seulement aiiention aux sensations qui intéressent plus directement les nécessités de Texistence. Plus Ton s'élève dans l'échelle fnorale, plus la sensibilité s*accroit; elle est très grande chez les esprits élevés : elle est Toriginc de leurs triomphes, comme de leurs défaites. Ils sentent et remarquent plus de choses, avec une plus grande vivacité et une plus forte ténacité, que les autres hommes; c'est pour cela que leurs souvenirs sont plus riches, leurs combinaisons mentales plus fécondes. Les infiniments petits, les accidents flue le vulgaire n'aperçoit pas, ou ne remarque pas, sont surpris par eux, rapprochés de mille manières, auxquelles le vulgaire donne le nom de création; et ce ne sont pouri''^nl que des combinaisons binaires et quaternaires de sensations.
Ilaller écrivait: c Que me reste-l-il, si ce n'est la sensibilité, ce sentiment puissant qui résulte d'un tempérament vivenfient ému par les impressions de l'amour, par les fnerveilles de la science ? Aujourd'hui encore la lecture dune action généreuse m'arrache des larmes! Cette sensibilité a certainement communiqué à mes poésies une
(1) VoLTAïKc. Sit^cle de Ijniis IV, i.
(?) VoLTAïKic. DicHtmnnive iihiloso2thique. Art. Climat,
Se PREMifiRE PARTIE
(lassion (]ui ne se trouve poinl ailleurs (1) ». Dîdcrol tiisait: q Si la tiatui'G a jamais fait une âme sensible, c'est la mienne. Multipliez les .tmes sensibles et vous augmenterez les bonnes et [es mauvaises actions (S) *.
Lu première fois (juAineri entendit de la niusi<[ue, it en épi'ouva comme «un éblouisscmenl, un rayonnenienl dans les yeux et dans les oreilles. Il passa plusieurs journées dans une mélancolie étrange et assez agréable; c'était un bouillonnement d'idi^es Tuntasliques; en ce moment, il aurait |)U iScrire des vers, si alors il avait su en i'aiie, et exprimer des sentiments s'ils n'avaient pas ùlt inconnus jt lui-mfinie ». Il conclut, comme Sterne, Rousseau et G. Saod, « qu'il n'y a point de C3u.<:e qui agile l'âme avec une Torce intluiuptnble, à l'égal des tons musicaux v.
IIr()uiza s'évanouissait en respirant l'odeur d'une rose. Musset, tioncouit, Flaubert, (]arlyle avaient une délicatesse de perceptions auditives si développées, que les rumeurs de» rue.<i et des cloches leurs devenaient insupporlable-t; ils se dépla(;;iient sans cesse pour éviler le bruit et enlin s'enfuyaietil désespérés h la campagne (^). — DeaudelaJie avait
(1. Tagebueh. !•, lîO.
|i) faraiiiiaes »ur l«s comcdiens.
|3| • Lu bruit, b^liu, dit Eilmand de Goncoiirt dans uue note aux Lettirs de nin fri^ri^, Ëtitit ilvYonu î'H.ilL'mi'nt iim^ obiessinti ulii'z uion paurre frère, dlMtit qu*ll liil «umbluit avoir • une oreille dans le eri'nx d<i l'ontonMc ■ et vralrneut le bruit A*kH prie et prennit, i mesure qu'il étHÎt plaa ranltde, ulnii que d.iiui une fMi-ie A l.i foie ridicule et mortelle, le Mmeléro d'nm Iiern^eullun duH ohuti^a tt iIob milieux de S'i vio... La dernière année de *a vie, jl ou moineut olï II «onirralt dn bruit coinme d'un brut:il RttDUchement pbyiique. nous étions oblig-ée d'aller & tronrille, au inoia d'ootubfe
■ CetUi p.;ratentîon du bruit avjit fait esquiuer & mou TrËru (tan* a«w
iiisoiiiiiliti di' la nuit, u.i colite aiaistrc D.ius «on rt^uit, E'était u>i homme
ùternclloirii'ut poursuivi par le tirait, et allnut des apiiarteuienla qu'il tooe^ d«i uiaiMUS qu'il aubète, des forêlH oii it campe, des forets oouiine Ift fbrËt île Fonlainablau, où II est réveillé par H corne du corneitr dea blebes, de rintijrieur des pyraïuidci oA 11 s'est r..>rui!i''' . A-- t'iutérifur de« pyrai-