CHAPITRE IV
un seul four 1res simple, el défaire n'importe quelle armée, même d*un million d'hommes, avec quarante soldats.
A l'âge de cinquante ans, il brûle d'amour pour une jeune fi lie qui habile vis-à-vis de chez lui. Un beau jour, se trouvant dans la rue, il regarde avec extase la gracieuse enfant, qui, pour se débarrasser d'un tel ennui, lui jette sur la tête un vase plein d'immondices. Fodera ne se le tient pas pour dit; au contraire, il voit dans cet acte une preuve d'amour, el, tout débordant de joie, rentre chez lui; dans la cour il rencontre un poulet qu'il déclare ressembler extrêmement à la jeune fille aimée: il l'achète aussitôt, et le couvre de baisers et de caresses: tout est permis à la précieuse bête: salir les livres, les meubles, les habits, se percher même sur le lit du maître (1).
Mais le type le plus complet de folie dans le génie nous est offert par Scliopenhauer (2).
Il déclare lui-même tenir son intelligence de sa mère, femme écrivain , pleine de vivacité, mais sans cœur, tandis que le caractère lui aurait été transmis par son père, banquier, misanthrope et bizarre jusqu*à la lypémanie.
Dès sa jeunesse il eut l'ouïe très dure. Il croyait avoir hérité de son père, et c'est probable, l'ampleur extraordinaire de la tête, la surdité, la haute taille el Téclat phosphorescent des yeux. {Voir Figure).
Notre philosophe visita l'Angleterre sous la direction d'un ecclésiastique. Il prit connaissance de la langue et de la littérature anglaises, et apprit aussi à mépriser la bigoterie de ses hôtes. En dépit des continuels changements de scènes amenés par ces voyages, il demeura sans gaieté et donna souvent libre cours au mécontentement de lui
(1) CoBiàMW. Follia anormale. Palermo, 1876.
{2) G^iifNiE. Schopenhauer's. Leben, 1878. — Ribot. Xa Philosophie de Schopenhauer. 1885 (2* éd.). — Ci*L von SsoLin. Arthur Schopenhauer vont medicinisehen siandpuncie ausbetrachîet Porpat, 187?.
r-RtMIÈRE PARTIE
même el de tonl ce qui l'cntournil. « Dès mon jeune Age, dit-il, j'ai toujours été mélancolique. Une l'ois, — je pouvais avoir 18 ans — j'ai pensé en mni-inéme, malgré ma jeunesse, que ce monde ne pouviul pas Otre l'œuvre d'un
?cho|Hinhnafr.
Dieu: non, jihilùl d'un diable. J'ai cerlaincrnent, pendant mon éducalion, eu iiop .'i souffrii' du tempérament dfr mon père »,
Des maladies imaginaires l'épouvanlaicnl: en Suisse, 1» monde sulilirne des Alpes éveilla en lui, au lieu de l'admiration, une profonde tristesse.
La mèie de Scliopenhauer dut elle-même, autant et plus <]UG tous ceux qui se trouvèrent en contact avec lui, éprouver les tristes elfels de son cnraclère : car, lorsqu'il