‹ L'homme de génieChapitre 67 sur 257 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sympiorae ~ cnractériâli(|uc coinrfi1Tff""S^(!fi parcourent les ilegiL^s conUuisanL à la lypénianie, le passage rapide de la Irislesse profonde à la joie excessive, se reiroiive chez Schopenhaiier.

Dans des moments de tranquille réflexion, en 1814, après avoir Ivouvé que les hommes étaient « une soupe de pain trempée dans l'eau avec un peu d'arsenic u et avoir déclaré. « qu'en eus domine un égoisme semblable à celui qui lie le chien à son mailre > — il écrit: < et maintenant ne t'escepte point toi-môme, examine tes amours, les nmîtiés; considère si les jugements objectifs ne sont point pour une très grande pari, subjectifs, souillés >; et, dans une autre page : ■ De même que le plus beau corps contient de la lie et des gaz méphyliques, ainsi le pins noble caractère offre des traits de méchanceté, le plus grand génie présenic des traces de petitesse et d'orgueil excessif».

Les mômes alternatives se rencontrent dans loule sa vie: I3nl6t critique mordant, méprisant, il s'élève A la présomption la plus hautaine; tantôt il descend à la plus basse platitude littéraire; lanlôt plongé dans la contemplation de ta nature, il erre dans les riants environs de Dresde, tSDtôl il roule dans de prosaïques aventures galantes, aux quelles des amis distingués sont obligés de l'arracher, et cela au moment même ou il élabore son grand ouvrage: Lt monde comme représentation et comme volonté /Die Welt nls Wille und Vorslellung) , qui devait émerveiller l'univers, « il donnait ainsi l'exemple d'une manie puerperii spirituatis, semblable à celle qui souvent s'empare des femmes enceintes (1) >.

Schopcnhauer Uii-mèmc racontait Ji Jules Frauenslaid, qu'au moment où il composait son grand ouvrage, il devait avoir montré, dans toute sod être et dans la manière

de K oC'ODporUrr. q«el^«e <kos^ féîrmmft^ car on le preflah pwr UB foo.

Ua joor qu'il » prcmeaaît duts vae serre de Dresde, absorbé fiiar la contemplalîoa profinde des plantes , il fat soqiris par on fardien pendant qn'fl monolognait i haute voix et ^esticolaiL Invité à dire qvî il était: < Si toqs pounez m'apprendre qoi je snis, répondit Schopenhaner, je Toos en serais très reconnaissant » ; — et il s*éloigna laissant le gardien slopéfait et persuadé qn*il avait en affaire i on fou.

Il ne faut donc ancnnement s'étonner si avec une telle disposition d*âaie. Sdiopenhaner, se croyait, i Tégal de tant de prophètes, poussé par un démon intérieur, par on esprit supérieur.

< Quand mon intelligence arait touché i Tapogée, si, par des circonstances favorables « elle était portée à sa plus forte tension, elle pouvait alors embrasser n*importe quel objet: elle enfantait soudain des révélations et donnait naissance à un enchaineraent de pensées bien dignes d'être conservées (1) •.

En 1816, il écrivait: <ll m'arrive parmi les hommes ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, lorsqu'il dut éveiller ses disciples toujours endormis ».

Même dans sa vieillesse avancée, il parlait de son ouvrage capital: Le monde comme représentation et comme volontés de manière à exclure tout doute sur l'inspiralion qui Tavail produit, l'homme ne pouvant écrire un tel livro que sons l'influence d'une inspiration. A cet âge même -m il demeurait étonné de son œuvre et particulièrement da-^ quatrième livre, comme de la production d'un homm^ tout à fait diiïérent.

Il convient ici de rappeler le dédoublement de la pei — sonnalité si fréquent chez les hommes de génie.

(1) Paruioa. II, p. 3S.

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