‹ L'homme de génieChapitre 71 sur 257 · TS · texte numérisé non relu

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Alfieii écrivait: «Je me comp;iie à un baiomèlre. J'ai toujours éprouvé plus ou moins une grande Tacililé à composer, suivaol la pésanleur de l'almosphèie : une slupiditê absolue quand soufUenL les grands venls des solslice.« et des équtnoscs, une pénélralton inliniiucnl moins grande le soir que le matin, une plus grande aplittide à l'invention dans l'exlrrme hiver et l'eulrèniP été que dans les saisons intennédinircs : tout cela m'f) icndu modeste et m'a pleinement convainc» qu'à dr. tels moments la puissance d'agir aiilremenl est presque indépendante de moimême ».

Les phases de sa vie inleliccluclle (écrit Monod de Michelct) suivaient le mouvement des saisons (1),

Nous entrevoyons déjà par là, une influence appréciable de l'état barométrique lout-à-fait comme sur les aliénés.

Chaleur. — Mais l'action ihermomctrique .-ipparait bien plus claire et plus évidente.

Napoléon, qui définissait l'homme « un proiJiiil de l'atmosphérc physique cl de l'atniosphère morale », Napoléon, que le moindre vent l'aisait souiïnr. aimait la chaleur, au point de faire allumer du hu même pendant le mois de juillet; Voltaire et DufTon faisaient chault'er leur cabinet de travail en toute saison ; Rousseau disait que l'action du soleil pendant la canicule l'aidait à composeï' et il en laissait tomber sur sa tête les rayons ardents en plein midi.

Byron écrivait; c Je crains le l'roid autant qu'une gazelle*.

Heine écrivait dans une de ses iellres; n li tonne, il neige; j'ai peu de feu dans ma cheminée : aussi ma lettre est bien froide >.

Spallanzani, aux ilcs l^oliennes, se trouvait capable d'étudier trois fois plus que dans les brouillards de Pavie (2).

1â8 DEUXIÈME PARTIE

Leopardi avoue dans ses Lettres: « Ma complexioo est ennemie du froid. Jattends et j'invoque le règne d'Ormuzd ».

Giustî écrivait, au printemps: «C*est que l*inspirationJa verve, recommence à me sourire... si le printen^ps m*aide, comme pour tout le reste (1) ».

Paisiello ne composait qu'enveloppé dan& six couvertures pendant Tété et dans neuf pendant rhivcr(2); on raconte le même fait de Varillas, Méry et Arnaud.

Sylvester écrit dans la Nature: « Le !2â septembre passé, j'étais à bord de ï Invicia; et sous le rayonnement génial et vivifiant d'un soleil bienfaisant et intense, le moyen de résoudre une équation à quantité multiple, jaillit dans mon esprit, et j'y parvins sans plume ni crayon >.

Lesage, dans sa vieillesse, s'animait à mesure que le soleil s'avançait sur le méridien et reprenait peu à peu avec sa gaiftlé, sa puissance d'imagination: au déclin du jour, l'activité de son esprit diminuait graduellement jusqu'au moment où il tombait dans une léthargie qui se prolongeait jusqu'au lendemain (3).

Giordani ne pouvait composer qu'au soleil ou avec une abondante lumière et une forte chaleur (4).

Foscolo écrivait en novembre : a Je me liens près du feu : mes amis s'en moquent, mais je m'eiforce de donner à mes membres la chaleur que mon cœur concentre et sublime intérieurement (5) i. Fa en décembre: «Mon infirmité naturelle, qui est la peur du froid, m'a contraint à vivre près du feu, et le feu m'a enflammé les paupières ».

Milton avouait, dans ses élégies latines, que sa muse était inféconde en hiver. Il ne pouvait écrire que pendant

0) Epistolario. 1878.

(2) Rkteillé-Parisb. Ouvrage cité.

(3) RiTEii.Li-P.ARisE. Ouvrage cité. p. 352-355.

(4) GiuasANi. Vita di Pietro Giordani, p. 188.

(5) Epistolario, p. 395, i.

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