CHAPITRE PREMIER
çie l'influence météorique qu'on peut iiien embrasser d'em- ; dans la Planclie III.
Lfai cru pouvoir grouper ensemble les créations esthétiques et le» inventions scientinques parce qu'elles se trouvent associées par ce moment d'excitation psycliîquc et d'eitréine sensibilité, qni rapproche les faits les plus éloignas et les plus disparates, qui ravive les douteux; ce raoment en somme, qui féconde et qui a été justement appelé générateur, dans lequel savants et poètes se trouvent plus rapprochés qu'on ne le croit.
Quelle imagination audacieuse, inventive, n'ontrevoit-on pa» dans les expériences de Spallanzani, dans les premières tentatives d'ilerschel, et dans le.s deux grandes découvertes de Scliiapparelli et de Leverricr, nées d'une hypothèse que le calcul et l'observation transformèrent en axiomes? — Litirow. parlant de la découverte de Vesla, note qu'elle n'a point été l'cITet du hasard, ni du seul génie, mais du génie favorisé par le hasard (1). L'étoile découverte par Piazzi avait été naguère entrevue par Zacch, maïs ce dernier ayant moins de génie que Piazzi, ou à ce momentlà moins de pénétration, n'attacha aucune importance à son observation. La découverte des tâches solaires ne demandait que du temps, de la patience ou du bonheur, écrit Secchi (2), mais il fallait du génie pour découvrir la véri- Uble théorie.
Que de savants physiciens, observe Arago, navigant le long ti'un fleuve ont du observer le rolétement de la ban-
îrole sur le mi)t de In bar
■que,
s décou'
V cepei
mdant.
forae Bradiey, la loi des aberrations.
VEt combien d'artistes, pourrait-on ajouter, ont du voir
k vilaines têtes de portefaix sans concevoir le Judas de
It Holeil, p. 7.
156 DErxlÈME l'ARTlE
Léonai'd ilo Vinci, ou des oranges sans créer la cavatine liii Don Juan de Moznrll
Il esi cependant une dernière objection qui semble plus sijrieuse. — Presque loules les grandes créations inlellccluclles, lotîtes les découvertes de la physique moderne seraient k' résultat d'une série de lenles cl continuelles méditations du savant, et même de ceux qui les ont précédés. Kltes fonrieraicnt ainsi comme une compilation, dont il est mal aisée à déiinir la chronologie, par ce que la date à laquelle nous nous arrêtons indique le moment de l'enfanlement, bien plus que l'instant de la conception.
Mais une telle objeclion ne s'appliquerait pas seulement i notre thèse; on peut dire que presque tous les phénomènes humains, même les plus immédiats, rentrent dans cette catégorie. La fécondahon, elle-même, est un phénomène lié h la nutrition de l'être organique et à l'Iiérédilé; la mort et la folie, alors môme qu'elles semblent déterminées par des circonstances soudaines ou même accidentelles, sont pourtant en rapport, d'un côlé, avec les phénomènes météoriques et d'un autre côlé avec les conditions organiques; aussi on pourrait, bien de Tois, en arrêter la date précise dès la naissance.
INFLUENCES CUMATÉRIQUES, MÉTÉOROLOGI- QUES ET SOCIALES SUR LA NAISSANCE DES HOMMES DE GÉNIE. — Grands centres. — Races et climats chauds. — Grands maîtres. — Influence oro- ^aphique. — Influence de la salubrité. — Parallélisme de la stature et du génie. — Explications.
Buckie pense que la majorili^ des arlisLes pst donnée par les pays volcaniques et qu'il en est tout aiilrement pour les savants (1).
Dans une Irès-belle élude, publiée léceinmenl, Jacohy prétend que le plus grand nombre d'esprits supérieui's soit 'à où la population des villes est plus dense {%.
Il semble impossible de nier que la race, (dans nos pays, par exemple, où les races latines et grecques abondent en grands hommes), les luttes politiques et scienlifiques, la richesse, les centres littéraires, n'aient une grande inûiience sur l'apparition des hommes de génie. Qui pourrait soutenir que les luttes politiques, une liberté excessive, .'i Alhëne, Sienne, Florence, n'aient point contribué à mettre au jour, tlans les temps anciens, une plus grande puissance de génie lu'à d'autres époques et dan:» daulros pays?
9<ai< pour celui qui se inppelle l'inlluenee prépondérante des phénomènes météoriques sur les créations géniales, il ^si indubitable qu'un ri^lc plus important encore doit être féservé aux conditions atmosphériques cl climalériques,
(Il BtKKif. HUt, of civili:., i.
<î) Jtoni. Élude stir la S.-leclion, etc. Paris
DEt-XIÊJIE PARTIE
1. Grands centres. — liaces et climats chauds. — Pour nous en convaincre. Il esl utile d'iUiidici- la distribution des grands ailisles en Kttrope. et [tarticulièrement en Italie.
Pour la rnu^i'iue, j'ai iiUlisé les ouvrages de Ft'lis (I) et de Clémciil (5), pour la peînUire et la sculplurc j'ai eu recours aux deux dictionnaires de Tîcozi:! (3). En votci les résutlaU:
^M Les pays qui onl fourni le plus grand nombre de mu-
^M siciens après l'Italie seraient le Belgique, l'Allemagne et la
^M France, les pays donc, qui ont une plus grande densité;
^M les plus pauvres en musiciens seraient l'Irlande, la Russie
^H et la Suède, avec une densité très faible ces deu?i derniei-s.
Maîtres de musique
en Europe:
rtot.
S»m1.rs .^«
1 «nisii
— lulie ....
— Belgique . . .
— .\llemagne . .
— France . . .
— Hollande . .
— Grèce . . .
— Suisse . . .
— Danoniarlt . .
— Autnehe-Hongiie
— .\nglelerie . .
— Portugal . .
— Espagne . . .
— Irlande . . .
— Russie . . .
— Suéde . . .
(1) Biogmphie uniteitellt des musiciens. P»riï, 186
(2) Hixioire des musiciens cMbres. Pur!*, IS'H. t) Ih'tiortario dei pittari (ihiliaai). IS5S.