CHAPITRE V
Lorsque le retour d'une même observation rend moins âpre et favorise Tacceplation des vérités nouvelles, les gé* nies utiles et même nécessaires sont acceptés, acclamés, élevés sur les autels.
Le public qui aperçoit la coïncidence entre une civili* sation donnée et la manifestation du génie, croit Tune en rapport avec Tautre, confond Tinfluence légère qui détermine réciosion du poussin, avec la fécondation qui remonte, au contraire, à la race, aux météores, à la nutrition, etc.
C'est ce qui arrive aussi de nos jours. L'hypnotisme est là pour prouver combien de fois, même sous nos yeux, une notion scientifique se renouvela, et comment on prit toujours pour nouvelle une même découverte. Chaque âge n'est pas également mûr pour les inventions qui n'avaient point, ou qui avaient trop peu de précédents, et alors elle est incapable de s'apercevoir de son inaptitude à les adopter. En Italie, pendant une vingtaine d'années, les meilleures autorités prirent pour un fou celui qui avait découvert la pellagrozéïne: à présent encore le monde académique, composé toujours de médiocrités intelligentes, rit de l'anthropologie criminelle, raille l'hypnotisme, se moque de l'homéopatie : — peut-être même que mes amis et moi, qui rions du spiritisme, nous sommes, grâce au misonéisme qui couve en tous, dans l'erreur, et, comme les hypnotisés, nous sommes dans l'impossibilité de nous en apercevoir.
Le génie dans les fous