SCÈNE XVIII
LES PRÉCÉDENTS, excepté PÉTERS.
} GÉRALD (à Zimmeraff).—Observe bien.
à ZrmMERAFr.—Fiez-vous à moi, j'ai de bons eux.
GÉRALD. — Ah! mon cher Frantz!... mon mi, je t'en conjure, fais cesser mon incerti- A mon fils ?
FRANTz. —Il existe.
D GÉRALD.—I] existe !
FRANTZ.—Oui, il a sauvé les jours du prince, a sauvé l'Etat, il est maintenant général des roupes de l'électeur, chéri par son souverain, stimé et respecté par tous ceux qui le conaissent. Enfin, c’est ce Jules dont toute l’Albmagne vante en ce moment les talents et les ertus.
GÉrRALD.—Jules! ah! vingt fois le bruit de es exploits est parvenu jusqu’à moi. Je l’addirais sans le connaître, mais aujourd’hui je uis fier de le nommer mon fils! Dieu aste, tu le sais, après vingt années de persé- Mution, je n’ai conservé ma triste existenge ue dans l'espoir d’embrasser un jour cet enant chéri !... C’est pour lui que j’osai rentrer ans un pays où ma tête est proscrite, où haque instant peut devenir le dernier de ma le ; la fatigue, la misère, dês périls sans cesse naissant, la mort même, j’ai tout bravé pour Mriver jusqu'aux lieux qu’il habitait! jy Harviens et je retrouve mon fils plein de ertus et de courage, son nom est dans toutes >s bouches, son éloge dans tous les cœurs !
Lh ! j'oublie que je fus PARA vingt ans le
plus malheureux des hommes pour songer que je suis maintenant le plus fortuné des pères !.. mais dis-moi, Frantz, où est-il ?
FRANTz.—lTci.
GÉRALD (avec transport).—Ici !
4 FRanrz.—Il chasse dans la forêt avec le uc.
GÉRALD.— Si près de moil... ah! viens!
. Frantz, courons.… je veux le voir, l’embrasser!
FrRaAnTz.—Arrêtez ! votre perte serait inévitable ! cette partie de chasse n’est qu'un prétexte pour visiter la forêt! Le comte Hermann à su persuader au prince qu’il y existait un rassemblement de conspirateurs; aujourd'hui on doit tout employer pour se saisir de votre personne, et votre fils lui-même a juré de vous livrer à l’électeur.
GÉérALD.—Funeste destinée ! mon fils armé contre son père | FraAnTz.—Mon cher maître, puisque j’ai eu le bonheur de vous retrouver, permettez-moi de tout tenter pour sauver vos jours. Si vous retournez dans la forêt vous ne pouvez éviter de tomber entre les maïns des soldats qui vous cherchent de toutes parts; restez dans ma chaumière et je vous jure de sacrifier jusqu’à ma vie pour vous soustraire à vos persécu-
teurs.
GÉRALD.—Non, j6 ne puis accepter tes offres ; je ne veux point compromettre ta sûreté ; d’ail- Lure j'ai trouvé dans les ruines du château de Schekeïinteim,un asile impénétrable..Mais, idée affreuse! si, forcé de défendre mes jours, ma main égarée s’armait contre mon propre fils!
FRANTzZ.—Il est un moyen de prévenir ce
baie pu
halheur.. (Détachant un portrait de son cou.) enez ce portrait! C’est un présent de Jules.
} GÉRALD, — Son portrait ! … Ah! donne, lonne !.. (A Zimmeraff.) Mon ami, toi qui t’es ssocié À mon infortune, viens partager mon jonheur ! mon fils existe !.…
ZimmEraArr (s’approchant). — J’en suis enhanté.
GÉRALD.—Et voilà son libérateur !.… Zrmmerarr.—C’est un brave homme! nous Merons connaissance !... touchez-là.
Pérers (à la fenêtre, à part).—I1 m'ont ren brmé, les coquins ! si je pouvais sortir douce-; ment. | à ZimMMERAFF.—Il m'a sauvé la vie, j’ai juré Me lui consacrer la mienne. Que je puisse le oir heureux, je n'aurai plus rien à désirer.
} Pérers (sortant pqr la fenêtre, qrmé d’un fusil). Allons chercherdes garçons @® la ferme. (I!
ort doucement.)
ZimmErArr.—Mais croyez-moi, nous ne somnes pas trop en sûreté ici, regagnons notre
GÉRALD.—Tu as raison... adieu, Frantz; cette uit, si mon fils était dans ta chaumière !.…
| FRANTZ.—Il y sera.
} GÉRALD.—Ah ! mon cher Frantz!
ZIMMERAFF.—Adieu, mon brave; vous êtes on ami, vous serez le mien. Partons. (ls ewassent Frantz tous les deux ; pendant ce temps éters entre doucement par le fond avec plusieurs larçons de la ferme, armés de bâtons et de four-
ce BU SCÈNE XIX.