SCÈNE VI
PÉTERS, BERTHOT, FRANTZ, sortant de la maison.
PéTers.—Ah! mon Dieu! mon grand-père!
BErTHOT.—Eh bien ! qu'est-ce que tu as donc, mon ami, tu as l’air effrayé !
PÉTErs.—Cela n’est pas étonnant; j'ai de quoi être furieusement effrayé. Imaginez-vous que je viens d’être attaqué!
FRANTz.—Attaqué! et par qui ?
Pérers.—Tiens ! vous v’là, mon père, déjà?
Vous avez pris l’autre chemin, c’est ben dommage que vous ne soyez pas venu par ici, vous m'auriez trouvé avec ce coquin d'homme de la Forêt Noire.
= FrANTz.—Je te défends à l’avenir de parler
de ce malheureux à qui que ce soit, de te servir
e ucun mot malhonnête quand il s’agira de
'ÉTERS. —Comment, papa ! que je sois soumis espectueux envers un homme qui me pille, 1 me menace, qui me maltraite! Si ce sont vos amis, je vous en fais mon compliment, sont jolis!
PBEerraor.—Il t’a maltraité, lui? c’est faux ; est un brave et honnête homme, je le conis.
Pérers.—Je crois ben que vous les connaisz, puisqu'ils vous ont enlevé ce matin de ssous mon bras, et ce qui m’a scandalisé, st que vous n'avez fait aucune résistance ; | que c’est vilain, je n’aurais jamais cru ça de on grand-père.
BERTHOT. — Qu'est-ce que vous me dites bnc? vous êtes un médisant, c’est vous au bntraire qui m'avez abandonné au milieu de forêt.
FRanTz.—Tu ne seras jamais qu’un poltron.
1 PéÉrers.—C'est vrai que je me suis enfui, Mais je ne vous ai pas oublié, quoique ça ; car M6 me disais tout en me sauvant, s’11s veulent Mésassiner mon grand-père, il pourra guère ur résister, à son âge, et puis cette idée me Aisait frémir pour vous.
} Berrnor.—Au fait, qu'est-ce que tu viens dire ici ?
: PéTers.—Mon papa peut vous le dire, je vehais vous apporter de la pâtisserie.
. Bertaor.—De la pâtisserie ?
| Pérers.—Oui, des gâteaux, des galettes.
} FRANTz.—Où ‘sont-ils ?
P£érers.—Du breuvage au miel.
ii née
BerrHoT.— Où est-il ?
Pérers.—Tout est bu, tout est mangé.
Frantz.—Comment ! gourmand que tu es?.
Pérers.—Eh! mon Dieu! poupa, ce n’est
as moi, c’est votre protégé, votre honnèêt
omme.
FRaAnTz.—Le malheureux !... sans doute ex:
ténué de besoin.
Pérers.--C'est ça, il se sera réconforté à mes dépens! (puis, pendant son repas, il s’est permis de m’interroger ; il m’a dit : Votre nom? m'a demandé de qui j'étais fils ; m’a demandé où vous étiez. Je lui ai dit que vous allie venir ici; alors l’homme de la Forêt Noire est arrivé, il a tiré son compagnon à l'écart ; ils ont parlé tout bas ; je n’ai rien entendu, mais j'ai compris qu’il s'agissait d’une conjuration contre vos jours, contre les miens et contre ceux de mon grand-père.
FRANTZ.—Sachant que”je suis ici, il va peutêtre s'approcher ; restons. |
BERTHOT (pendant cette scène a remonté . le théâtre). —Mon fils, j'aperçoïis un cavalier qui descend à travers ces ruines et ces rochers ; je crois reconnaître mon cher Jules.
FranTz.—$Son arrivée me fait autant de plaisir qu’à vous.
Pérers.—Ma foi, oui, c’est ben lui. C’est étonnant, pour un sourd, quelle vue il a, mon grand-père | |