‹ L'homme de la Forêt Noire [microforme]Chapitre 46 sur 64 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

AUGUSTE, RAGOTZI, GÉRALD.

GÉRALD.—Que voulez-vous ?

RaGorzi.—Ne craignez rien, seigneur, c’est le prince Auguste qui veut vous parler.

GÉRALD.—Le prince !

AuGusTE.—Oui, seigneur, c’est Auguste qui vient vous offrir des consolations et qui se croira trop heureux de pouvoir adoucir vos chagrins.

GÉRALD.—Abh ! seigneur, comment ai-je pu mériter tant &e bontés ?

AuGusTEe.—Ragotzi, veillez à ce que nous ne soyons pas surpris.

corzi.—-Il suffit, seigneur. (2! se retire au fond, derrière la grille.)

GÉRALD.—Seigneur, vous daignez vous intéresser au sort d’un malheureux ? rs

AUGUSTE. — Oui, seigneur, et j’emploierai tout pour parvenir à changer votre destinée.

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GÉRALD.—Quel motif peut vous engager à

me plaindre, à me secourir ?

AuGusTE.—Quel motif! le plus puissant de tous |... La certitude que vous n’avez pas mérité vos infortunes. |

GéraLD.—Vous m'avez bien jugé, seigneur, jamais le crime n’a souillé mon âme. Celui dont on m’accuse est affreux, mais mon cœur ne me reproche rien, et je puis braver les efforts de la calomnie.

AuGusTE.—Non, vous n'êtes point coupable, vous ne le fûtes jamais, tout me le prouve.

Père de Jules, vous devez posséder ses vertus. Oui, Gérald, vos ennemis ont abusé de l’électeur ; mais il est temps encore de vous justifier ; votre fils possède son estime, son entière

. confiance ; je joindrai mes prières aux siennes

et nous obtiendrons votre grâce.

GÉRALD.—Ma grâce ! Je ne puis ni ne dois l’accepter ; Te m'importe la vie, si l'honneur m'est enlevé? Vingt années de proscription et de malheurs ont été le prix des services que j'ai rendus à l'Etat. Votre père connaissait mes sentiments ; et cependant il a pu me soupçonner, me condamner ! Ah! je l’ai trop éprouvé: pour conserver la faveur des souverains, il ne suffit pas de les bien servir, il faut savoir les flatter et profiter de leur faiblesse.

M énace Gérald

GÉRALD.—Ah ! pardon, je vous offense ; ce n’était point mon intention. Excusez un malheureux dont l’infortune a ulcéré le cœur !. si vous saviez combien j’ai souffert |

AUGUSTE.—Ah ! qu’il me serait doux de réparer tant d’injures !

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fut, |:

GÉRALD. — C’est impossible, tant qu'Hermann existera ; tant que ce monstre possèdera la confiance de l'électeur, je ne puis rien espérer. Mais si ou vous supplier.de me

arler de mon fils ?.. Partout on vante ses taents, ses vertus ! En entendant répéter son éloge, j'ai versé les premières larmes de bonheur qui se soient échappées de mes yeux depuis l’époque de ma disgrâce. :

AUGUSTE. — Votre fils! quelque fortes que soient les louanges que vous en ayez entendu faire, elles sont bien au-dessous de la vérité. L’électeur lui doit l'intégrité de son territoire,. et moi, je lui dois plus encore, il m’a conservé mon père.

GÉRALD.—Dieu de bonté, je te remercie.

Raaorzr (à la grille).—Voiïci quelqu'un.

AUGUSTE.—Oh ! Ciel!

RaGoTzi.—C'est mon général.

AuaGusre.—Jules !

GÉrALD.—Mon fils ! Ah! seigneur, souffrez qu’un seul instant.

AUGUSTE. — Venez, Jules, dans les bras de votre père. (Ragotzi ouvre la grille.)

JuLes (se précipitant dans les bras de son père.) —Mon père ! :

GÉRALD.—Mon fils! mon cher fils!

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