SCÈNE X
HERMANN, ZIMMERAFF, GÉRALD caché.
HERMANN.—7Zimmeraff, tu dois être étonné de me voir près de toi.
Zimuerarr.—Non, il faut bien faire quelque chose pour un ancien compagnon.
HERMANN.—Je viens t’offrir la liberté.
ZimmerArr.—Vous n’avez donc point d’autres moyens de vous défaire de moi ?
HERMANN. — Pourquoi me soupçonner ce dessein ?
ZIMMENArFr.—En effet, j'ai tort; après tout ce que vous avez fait pour moi, après ma détention dans les cachots de Dresde, et la mort que vous avez voulu me faire donner dans la forêt par trois brigands payés par vous.
HERMANN.—Oublions le passé.
ZIMMERAFF.—Oui, je crois que c’est ce que
, nous pouvons faire de mieux tous les deux.
Hermanx.—Lorsque tu partis du Palatinat, tu avais plusieurs lettres de moi ?
Z1MMERAFF.— Ah! vous vous en souvenez ?
HERMANN.—Que sont-elles devenues ? Tu les as perdues ou déchirées sans doute ?
IMMERAFF.—Non, non, votre souvenir m'était trop cher, et puisque j'étais éloigné de vous, j'étais bien aise de les avoir pour me rappeler vos bienfaits.
ERMANN.--Ah ! tu les as encore:
Zimmezarr.— Oui, oui, vous le savez: les lettres souvent consolent de l’absence.
Hermann. —Et que comptes-tu en faire ? Zimmerarr.—$i j'étais Hermann, que vous
fussiez Zimmeraff, et que vous eussiez ainsi que moi ces précieux témoignages, quel usage en feriez-vous ?
HERMANN (embarrassé).—Mais…
ZxmMERArFF.— Vous me feriez pendre: eh bien! c’est ce que je ferai pour vous.
HERMANN.— Tu menaces, quand d’un mot je puis te faire traîner à la mort et te faire en-
ever ces lettres dont tu t’autorises pour parler avec tant de hardiesse.
ZIMMERAFF—Me les enlever, impossible !
Elles ne sont point sur moi.
HErRMANN.—Les aurais-tu confiées à quelqu’un ?
ZimMerarr.—Non, elles sont cachées dans la forêt.
HERMANN.—Gérald en est-il instruit ?
ZIMMERAFF.—Oui.
HERMANN.—Je te le répète, je veux te sauver, et voici les moyens que j'emploierai pour y parvenir: dans une heure, quatre hommes , qui me sont entièrement dévoués, entreront avec moi dans cette salle. Ragotzi cèdera à l’appât de l’or ou sera contraint de céder à la force. Tu t’échapperas par cette porte qui donne sur la campagne; tu indiqueras à deux de mes gens qui t’accompagneront le lieu où mes lettres sont déposées, alors ils te compteront cinq cents florins. Tu gagneras la Hollande où, dans le premier port, il te sera facile de t’embarquer pour les colonies. Maïs songe que quelque chose qu’il arrive, tu m’engages ta
arole de ne jamais FETES sur ces terres du Palatinat. Eh bien! réfléchis... Acceptestu ?
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