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CONCLUSION

Une semaine plus tard, l'amiral Stevenson se disposait à quitter la rade du Nouveaii- Drontheim avec l'escadre qu'il commandait. Pendant cette semaine, sir Georges avait constamment résidé à l'habitation Palmer, et Stewart, de son côté, avait vécu dans une intimité plus étroite que jamais avec la famille. Aussi, ni dans la colonie ni sur les vaisseaux, ne fut-on surpris d'apprendre, la veille du départ de l'amiral, que James Stewart était sur le

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point d'épouser miss Anna Surrey. Un missionnaire catholique résidait dans un établissement européen de la côte, et l'amiral eût bien désiré que le mariage pût avoir lieu en sa présence. Mais, son devoir ne lui permettant pas de prolonger son séjour à Sumatra, force lui était de ne pas assister à la cérémonie prochaine.

Donc, peu d'heures avant l'appareillage, sir Georges, accompagné de Stewart et da docteur, était venu faire ses adieux à sa famille. La cour était remplie de porteurs de palanquins, de marins chargés de bagages, sans parler de tous les serviteurs de l'habitation, nègres, Malais, Chinois. Au milieu de cette agitation, notre ancienne connaissance Yaw, causait mystérieusement avec un de ses compatriotes qui faisait partie de l'équipage d'un navire anglais alors en partance dans le port. La conversation paraissait fort animée, quand Yaw s'entendit appeler par une voix impérieuse. Il leva les yeux, et aperçut au sommet de l'échelle qui donnait accès à la case suspendue du défunt Tueur d'éléphants, sa fiancée Légère. La Malaise, avec son visage balafré, était affreuse, et maître Yaw se fût sans doute dispensé de répondre à cet appel; mais un geste menaçant ne lui permit pas d'hésiter. II

dit donc un mot à voix basse à son compagnon, puis il s'élança vers la case en se dandinant. Arrivé au pied de l'échelle, il voulait s'arrêter là, un nouveau geste plus impérieux que le premier lui intima l'ordre de monter.

Quand il fut parvenu dans la case où il n'y avait guère d'autres meubles que des nattes et quelques coffres, Légère ferma derrière lui la porte en treillage de bambou, et, s'armant d'un long poignard empoisonné, elle dit d'un ton farouche :

— Tu veux partir avec les seranis (chrétiens) et abandonner ta fiancée. Tueur d'éléphants est mort, et c'est juste, il m'a rendue laide; mais j'ai gardé son criss et je te tuerai si tu persistes à me quitter.

Le Chinois, avec sa volubilité ordinaire et toutes sortes d'expressions bizarres, protesta contre un pareil dessein. Jamais il n'avait trouvé Légère plus charmante; sesj^eux étaient brillants comme des étoiles, ses balafres l'embellissaient ; il était prêt à l'épouser et à l'emmener avec lui dans le Céleste-Empire fleuri. Il avait de grandes richesses, et il les ferait partager à sa jolie fiancée. Elle serait sa mandarine et il serait son mandarin.

Ces belles choses, débitées avec une verve

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