‹ L'homme en roseChapitre 4 sur 16 · POUT-SAID ET LE CAIRE · texte numérisé non relu

POUT-SAID ET LE CAIRE

le mâle dominateur à ramener la paix parmi ces femelles sans cesse hérissées. En même temps, cet enfer est une vieille habitude, un refuge pour sa paresse, et sans qu'il se l'avoue, la grosse femme qui vit derrière ce bois ajouré, Perle des cœurs, ou cette autre, Source des délices, le dominent par tous les moyens à leur usage. Au fond ce coq est le jouet de ses poules, bien qu'au dehors il se redresse dans la niaiserie du paraître. Après tout, qu'il soit ce qu'il est tant qu'il voudra pourvu qu'il reste un peu plus chez lui et que cela fasse moins de tarbouch dans les rues.

Le peuple, lui, est supérieur à cette bourgeoisie par sa structure et la majesté de son allure, et puis il a un front que l'on voit. Mais il est dépaysé sur ces trottoirs, où il dort tout de même, car le somme est le fond de la vie orientale, parmi les ordures de la rue. Il lui faut la poussière du désert ou l'ombre du bazar. Au milieu du faux luxe de cette ville moderne, il n'est plus

qu'un misérable loqueteux. — Que d'aveugles ! On en rencontre un tous les dix pas. Comment s'en étonner quand on considère la saleté où sont élevés les enfants : les parents les gardant de toute propreté par superstition, afin de leur conserver la vie! Car un enfant dont un passant pourrait dire qu'il est beau, serait voué à la mort. Aussi les pauvres petits sont la proie des mouches, plaie de ce pays, qui s'accrochent à leurs yeux et sucent dans leurs tendres larmiers la substance du regard. A chaque instant, le dégoût fait retourner la tête. Et pourtant, l'espèce triomphe, car elle est belle et incroyablement robuste. Je suis impatient de la voir au bord du Nil, cette race antique des Égypt'ens.

Au Musée.

Le musée renferme d'admirables fragments de sculptures qu'il faudrait étudier longuement. Par un génie spécial l'antique

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