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înt donc se fait-il que les prophètes et les uses n'aient point de successeurs? Il serait pourîn agréable d'avoir des almanachs qui annon- ! qui se passera l'année prochaine. Quel précieux ce, si l'on nous disait d'avance : La guerre éclans six mois entre ces deux peuples, et c'est i qui sera battu! Combien croyez-vous qu'un T payât l'homme qui lui fournirait de pareilles on s?
st bien vrai que les prophéties courent les rues, malheur est qu'elles reçoivent des événements nentis les plus cruels. Vous rappelez-vous 5 Staël écrivant au début du siècle : « Les Frann'auront plus de littérature d'imagination. » Et de Maistre, l'inspiré, qui lisait dans la volonté u comme vous et moi dans un livre, vous soude la désinvolture avec laquelle il se trompait? lait de tracer le plan de la future ville fédérale ts-Unis et il écrivait : « On pourrait gager mille e un que la ville ne se bâtira pas ou qu'elle ne ellera pas Washington ou que le Congrès n'y îra pas. » Espérons pour M. de Maistre qu'il n'a 'ié dans ces conditions-là ; mais expliquez-nous )mment des esprits aussi perçants ont pu se dre d'une façon si complète, quoi bon d'ailleurs tirer les morts de leurs ux pour leur montrer la vanité de leurs prévi- Que tous les déterministes vivants se réunisils le veulent, et qu'ils nous disent comment îsolue ou tranchée cette éternelle question t, qui a déjà fait couler tant d'encre et de sang! messieurs, à l'œuvre! Calculez exactem
part de gâteau que prendra la Russie, celle de PAutriche, de l'Angleterre, de la Grèce. Dites-nous ce que deviendra chacune des races si étrangement mêlées qui peuplent l'ancienne Turquie d'Europe. Gela vous semble-t-il trop difficile? Indiquez-nous seulement cç que sera la Bulgarie dans vingt ans. Ce sera plaisir de vous opposer les uns aux autres, et, si par hasard deux d'entre vous allaient se trouver d'accord sur un point, combien faudrait-il de temps pour les confondre! Laissez passer dix ans, et ce sera plus qu'il n'en faut pour faire voir à quel point les événements narguent la prévoyance des plus avisés politiques.
« Pour mieux vous convaincre de la fausseté de votre doctrine, prenons un cas plus simple. Apprenezmoi, je ne vous en demande pas davantage, ce que je serai dans dix ans. Osez me dire la bonne aventure. Où habitei^ai-je? Combien aurai -je d'enfants? Quel sera mon revenu? Autant de questions qui m'intéressent fort et auxquelles je vous saurais gré de répondre. Tout cela peut se calculer, suivant vous , et pourtant je mets au défi le plus habile de vous tous de m'annoncer mon avenir. J'aime la contradiction, voyez- vous, et il suffirait de me le montrer à droite pour me faire tourner à gauche. Où est le prophète qui a beson- d'être ramené à la raison et à la modestie? Qu'il parle! Je me charge de lui prouver, comme dit Corneille,
Que l'ordre du destin qui règle nos pensées N'est pas toujours écrit dans les choses passées. »
— Il faut reconnaître que l'objection semble forte au premier abord. C'est une conséquence logfque du déterminisme que la conduite d^un homme ou d'un
►euple peut être calculée , puisqu'elle dépend de auses présentes ou passées ; or ce calcul dans la praique se révèle impossible. Ne serait-ce pas la preuve [ue le déterminisme doit être relégué au rang
De tous ces vains romans qu'on nomme des systèmes ?
Pourtant il n'est peut-être pas aussi difficile de refondre que l'on pourrait l'imaginer. Le déterministe )eut prédire les effets sans doute, mais à la condition «presse de connaître toutes les causes. Or qui lui déîouvrira ce nombre infini de causes qui agissent sur m ensemble d'hommes?
Vous voulez que je vous dise comment se dénouera a question d'Orient. J'y consens; mais dites-moi l'abord le nombre exact des têtes qui appartiennent i chaque race dans cet enchevêtrement de peuples ; lites-moi les idées religieuses, morales, politiques, ïue possède chacun de ces groupes, le chiffre auquel l'élévent les peuples intéressés au débat, les opinions [ui dominent dans l'esprit du sultan et des autres souverains ; énumérez fidèlement» les ressources de îhaque pays ; gardez-vous d'oublier que tout tient à out, qu'un événement survenu en Occident a son ;ontre-coup sur les choses du Levant, que l'abaisseîient d'une puissance suffit pour en pousser une uitre à entrer en campagne ; fouillez donc le monde jntier pour saisir tout ce qui par ricochet peut agir iur l'empire ottoman ; songez que des causes seconlaires, intrigues de palais et d'alcôve, mort subite i'un personnage important, épidémie qui se propage, train qui déraille, fleuve qui déborde, peuvent amener
des complications très graves; apprenez-moi par suite, j'en ai besoin, le nom, les préférences, le degré d'ascendant de la sultane favorite, les chances de vie des rois, des empereurs, des ministres, des ambassadeurs , des pachas , les conditions sanitaires de chaque région, l'état des voies ferrées, les changements de température qui doivent se produire joui par jour. Vous commencez peut-être à trouver que mes exigences deviennent par trop nombreuses. Je n( suis pourtant qu'au début de mes questions; il m( faut bien d'autres renseignemeuts, et, tant que je ne \ei aurai pas tous, il me manquera des éléments pour h solution cherchée. Je vous rappelle en passant qu'i me les faut tous de la même eiate, sans une lacune sans une erreur. Vous désespérez de me les fournir Soit! Mais alors trouvez bon que je me refuse à vou! dire exactement le résultat de causes que je ne puis pa: connaître d'une façon exacte. Mon impuissance, qu( j'avoue humblement, ne prouve pas le moins di monde que mon principe soit faux. Le mathématicien (lui n'a pas les données suffisantes pour résoudre ui problème, est bien obligé de rester dans le doute, e pourtant nul n'a l'idée d'incriminer pour cela les ma thématiques. Si on ne lui fournit que des chiffres ap proximatifs, le résultat auquel il aboutit ne peut êtr aussi qu'une approximation.
Je suppose qu'on dise à un calculateur : 11 s'agi de partager deux mille francs entre quinze à ving ouvriers . Quelle est la somme qui doit revenir chacun d'eux? — Elle sera, répondra-t-il, entre cent e cent trente trois francs. L'incertitude laissée dans 1 nombre des personnes se retrouve ainsi dans la (fuo
tité dévolue à chacune. Or c'est là ce qui se passe dans tout essai de déterminer ce qui doit arriver à une nation. Comme on ne peut réunir tout ce qu'on aurait besoin de savoir pour connaître à fond le présent, on est réduit pour l'avenir à des présomptions, et c'est dans l'habileté à rassembler des renseignements précis et à en déduire les événements probables que réside en grande partie le talent de l'homme d'Etat et du diplomate.
. S'ils se trompent souvent, c'est que les faits sociaux sont lesplus complexes que l'homme ait à étudier, et, pour bien comprendre les tâtonnements et les erreurs des politiques les plus pénétrants, voyez à quel point la prédiction du temps est encore sujette à caution. Certes, personne ne prétendra sérieusement qu'il y ait dans ce domaine des causes libres, des volontés arbitraires. Où sont-ite ceux qui croient encore aux outres d'Eole, à la foudre lancée par Jupiter ou par Jéhovah, aux processions de reliques qui font tomber ou cesser la pluie, à 1,'intervention perpétuelle de la Providence pour diriger les nuages et les rayons de soleil? Chacun sait qo» le tonnerre, comme l'ouragan, naît de causes naturelles qu'on peut découvrir et qu'on a déjà découvertes en partie. Mais il faut connaître tant de choses pour en prévoir une seule que les faiseurs d'almanachs se trompent dans leurs prophéties presque aussi souvent qu'ils disent vrai. Pourtant les observations s'accumulent; des lois s'en dégagent; la science se construit peu 'à peu; on peut déjà vous dire sans crainte de s'égarer : Tel jour du mois de mai, il y aura un abaissement de température. La marche des tempêtes surtout est assez connue pour
Renard.— LXVII. W
que le télégramme venu crAmérique la devance et l'annonce sur les côtes de France. Quand viendront des détails plus précis, je l'ignore ; mais ils viendront, et, sans cet espoir, que signifieraient toutes ces stations météorologiques dont le monde se couvre de jour en jour ?
Revenons de l'atmosphère à la société. Il n'est pas rare d'y sentir le souffle avant-coureur des révolutions, ces grandes tempêtes humaines. Les esprits perçants, comme certains oiseaux, respirent, pour ainsi dire, et devinent l'orage naissant. Mais quand devinera-t-on le reste? Cela n'est pas facile à dire. Jamais peut-être. Songez quel enchevêtrement inextricable forment les fils sans nombre qui se croisent! Pensez quelle immense quantité d'influences agit sur chaque homme pour déterminer une seule de ses actions : tendances héréditaires, livres lus, conseils entendus, expériences faites, penchants naturels, intérêts, idées morales, etc. Rappelez-vous que pour prédire à coup sûr la conduite d'un peuple il faudrait^ connaître jusque dans ses replis les plus intimes chacun de ses membres, puis chacun des hommes composant les nations voisines, enfin toutes les circonstances intérieures ou extérieures capables de modifier toutes ces unités; figurez-vous, si vous pouvez, l'infinie complexité des causes qui se combinent ou s'entrechoquent, et puis étonnez-vous que l'on ne puisse sortir des conjectures !
M. Herbert Spencer éclaire par une comparaison ingénieuse l'embarras de l'observateur au milieu de tous ces êtres, qui à force d'être soumis à tant do causes diverses paraissent ne plus obéir à aucune.
a Va COCP& dao&respace, éi-thiL ^^ socmn» à Fattraetion d'us seoi antre eon^S m- movvra dénis une (Ëredioii qui pe«rt être déterminée d'sirance (f une feiçoa préeise. S^H est soubn» à rattraction de devx eorpay sa direelicrn ne serai càiaâèe qv'a^proxiflmttirenienll. SPil est soumis à VaUndicm ée tmi» <H)qp6^ sa courar ne po%u*ra êtve eateialée q^sivw une pvécisôow m o t adre encore. Et s'il est eni<&aTé de eorps de* doiFte grandeiir, situé» dan» toute djareetioii , » towle- dntaBCC-^ MB mouyemeti«t paraîtra indépendant ë» Y'mÊnemoB éè ehsteniï d^ewi;. il swvra wm \i^K^ kadéfinineaf Fiabiequi semblera se détenniii«r eJte-meme'. i*
Voilà Fbomme tef qd'U est je^ as milieu de la lure et de ['hrumanitér être teragmm ehen^i«aRl^ enevlronné d'êtres qui, comme lui, cfean^niÉ p ^'iipâtu eteratefit. Ei j«- ne sai» si c'est encmre asfsez diffe-. A s^ipposer <|i»'on pét pécradr toute» le» données mèeear satrc» pour 6ftèc6«tfrnr Favevie probaUe d'im iMmone ou êi'wa» eolileetiofli d'hoiMiies, li; est m» eanse qeÀ dérangevaitt* à ebaqne iftstant les ealcniSw V^Ymkr àe^ vieiKtf pomt qui le prévoè^^ nnt éiénMiril déteménast, un motif d'action. Ne »'ent sert-M» pa» aMnent coBunte d'une amoree o«b d'iini épowicaiitaii? Eeootes c«£ «v»teur : « Si tous votez cette Iim^ pensez ans. désastre» (ftie vous allez déchaîner s«t 1» paitrie ! » Qne. fntt-iii? W WNiitre HA avenir peesible peur rempêehm de naître. Quand il »'écrie an eentraire : « Adoptes, a» cofttre^r«jetr et le pajFs reérouRrera* eaiowv praspépiA% grandeur^ » W évoque Fatvrenir et tàcàe de: le rcndie visihk- à tou». afin de l'aider » se véaliaer. Dan» kb