‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 100 sur 118 · BOSSU ET · texte numérisé non relu

BOSSU ET

prit des hommes. » S'il ne dit rien de plus des objections qu'on peut lui faire, il expose en revanche très-nettement cet argument que ses défenseurs font valoir. Et « ils soutiennent, dit-il, que les sensations ne servent de rien à expliquer ni à faire les mouvements corporels, parce que loin de les causer, elles les suivent; en sorte que, pour bien raisonner, il faut dire : Tel mouvement est, donc telle sensation s'ensuit, et non pas telle sensation est, donc tel mouvement s'ensuit1. »

Ce dernier raisonnement achève de faire naître en nous des doutes très-sérieux sur la valeur de la tradition consacrée qui veut que Bossuet résiste à l'automatisme cartésien. « Ils soutiennent que la sensation ne sert de rien... » Qui, ils? Dans tous les cas, Bossuet luimême est de ceux-là ; car cette théorie, c'est la sienne. « Et d'abord, avait-il dit, il est clair que tout ce qu'on appelle sentiment ou sensation suit les mouvements et l'impression que font les objets sensibles sur nos organes corporels 2. » Donc pour lui, la grande explication des actes des animaux et de leurs sensations ellesmêmes, si elles en ont, c'est le mécanisme.

Quoi I s'écriera-t-on, vous prétendez soutenir que Bossuet professe l'automatisme des bêtes? Peu s'en faut, répondrons-nous. Et ce qui constitue ce peu, le voici : c'est d'abord un doute venant de l'opposition que fait le public ; c'est ensuite cette opinion que la théorie de sainl Thomas ne détruit pas l'automatisme lui-même, mais le complète, utilement peut-être, à coup sûr sans danger, en y ajoutant la sensation.

Dans tous les cas, qu'on veuille bien relire avec attention tous les textes. On n'y trouvera rien qui tende à présenter l'automatisme comme absurde; bien plus, on n'y trouvera aucune explication, aucun exemple, je dirai

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