‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 101 sur 118 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

même aucune métaphore' qui ne soit mécaniste. Et cela est-il donc bien étonnant, quand on réfléchit que dans son idée de la vie et de ses fonctions Bossuet est complètement mécaniste ?

Nous le reconnaissons, Bossuet n'élève aucune objection contre cette idée que les animaux sentent : nous admettrons même qu'il y incline. Allons jusqu'à concéder qu'il le croit. Il n'en est pas moins vrai que, d'après lui, la sensation est simplement juxtaposée au mécanisme, qu'elle en dépend, qu'elle est expliquée par lui, non par elle, et, finalement, que la grande explication des actes et des industries des animaux est avant tout dans le mécanisme.

C'est là ce qui fait que, parfaitement belle et profonde dans sa partie négative et réfutative et réussissant admirablement à discréditer les théories qui prêtent à la bête une intelligence semblable à la nôtre, la cinquième partie du Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même est plus faible dans sa partie positive ou théorique.

Telle était donc l'influence exercée, même sur ce point, par le système de Descartes, que des esprits comme Pascal, Fénelon, et nous ne craignons pas de dire Bossuet, ne s'en séparaient que par des nuances ou par de légers doutes.

Le dix-septième siècle cependant combattit cette théorie. Lui en substitua-t-il une autre ? Bayle mit les champions en présence et conclut au scepticisme.

Hors de France, nous trouvons Locke qui reconnaît aux animaux le sentiment et la raison ; mais quelle raison ? Non pas même la raison empirique et sans principes nécessaires qu'il a tant réduite et affaiblie chez l'homme, mais une raison qui n'opère, qui ne raisonne que sur le particulier. Les bêtes, dit-il, ne connaissent ni l'abstraction, ni la généralisation, ni le langage K Dès

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