‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 106 sur 118 · Œuvres, édit do Flourens. Tome N, page · texte numérisé non relu

Œuvres, édit do Flourens. Tome N, page

gnance, les sentiments de la peur, de la colère, de l'amour, de la jalousie, de l'ambition, etc., il ne fait que prononcer des mots vides de sens et ajouter à la doctrine de Descartes une contradiction, puisqu'il n'y a pas de sentiment ni d'appétit possible dans une machine, dans un être tout matériel. »

L'automatisme a encore au xvme siècle un défenseur, bien plus franc et bien plus conséquent, mais en vérité, ce défenseur fait peu honneur à Descartes. C'est La Mettrie. Celui-ci trouve sans doute beaucoup à redire dans l'auteur du Discours de la Méthode et surtout dans sa Métaphysique, mais il lui pardonne tout en faveur de sa théorie des animaux. « Il est vrai, dit-il, que ce célèbre philosophe s'est beaucoup trompé, et personne n'en disconvient ; mais enfin il a connu la nature animale, il a le premier parfaitement démontré que les animaux étaient de pures machines. Or, après une découverte de cette importance et qui demande autant de sagacité, le moyen, sans ingratitude, de ne pas faire grâce à toutes ses erreurs ? Elles sont toutes à mes yeux réparées par cet aveu. » Il n'est pas difficile de voir le motif d'une telle adhésion. « Si les bêtes, disait Voltaire, sont de pures machines, vous n'êtes certainement auprès d'elles que ce qu'une montre à répétition est en comparaison d'un tourne-broche. » Mais c'est bien ainsi que La Mettrie le comprenait. La bête-machine préparait à entendre l'homme-machine ou l'homme-plante.

Gh. Bonnet n'a pas les tristes visées de La Mettrie. Mais on ne peut s'empêcher de placer encore son hypothèse parmi les analogues de l'automatisme inconséquent de Buffon.

Ch. Bonnet avait donné beaucoup d'attention aux mœurs et aux industries des bêtes. De ses études il avait tiré cette première conséquence, que les animaux n'étaient pas de pures machines ; en premier lieu, disait-

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