‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 108 sur 118 · Encyclopédie. Article Homme · texte numérisé non relu

Encyclopédie. Article Homme

2. Ibid-, Art. Intellect. — Voyez aussi l'édition complète des Œuvres de Diderot par Assézat.

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fibres innées, que les ébranlements matériels des sens et même que ce certain degré d'intelligence vers lequel inclinait timidement Réaumur. Gondillac et Georges Leroy vont aborder la question avec plus de pénétration et plus de verve. La doctrine de Gondillac sur les animaux se résume en ces trois propositions : 1° tout dans l'animal lui-même est de formation individuelle ; 2° ce que nous appelons l'instinct n'est qu'une habitude engendrée par la réflexion ; 3° la réflexion n'est que la sensation ajoutée à la sensation.

Reprenons ces diverses propositions. La première exprime une hypothèse qui aura contre elle toute l'école de l'évolution elle-même. Bien que Gondillac l'appuie de toutes sortes d'analyses très-ingénieuses, bien qu'il montre heureusement la part de l'effort individuel, de l'éducation, de l'exemple et de l'habitude dans une foule d'actes qui sont qualifiés le plus souvent d'innés, il est vraiment impossible de soutenir que toutes les aptitudes de l'animal, toutes ses facultés, tous ses besoins n'aient rien qui ne relève de son initiative individuelle. Les faits qui s'y opposent sont aussi nombreux que nets et saillants. Nous ne parlons pas seulement de ces actions exécutées par un animal dès sa naissance et sans qu'il ait vu ses parents. Mais enfin, la tendance à imiter ellemême et le besoin de s'essayer à telle ou telle industrie déterminée, n'impliqueraient-ils pas quelque chose de primitif, et, pour dire le mot, d'instinctif?

Toute habitude a pour origine la réflexion...? chez l'homme, oui. Mais pour prouver qu'il en est de même chez la bête, que « les premiers moments de tout animal sont donnés à l'étude, » il faudrait établir qu'il réfléchit et qu'il réfléchit toujours ; il faudrait expliquer comment la réflexion disparaît aussi complètement après avoir engendré des habitudes : enfin, il faudrait surtout expliquer comment la réflexion individuelle peut produire

des habitudes tellement générales et tellement uniformes dans tous les individus d'une même espèce. Tout cela est, on le voit, rempli de difficultés et même de contradictions.

On a fort bien observé d'ailleurs que ces contradictions, Gondillac les faisait lui-même ressortir par certaines propositions très-justes. « Chaque besoin, a-t-il écrit, est un centre d'où le mouvement se communique jusqu'à la circonférence. » Et ailleurs : « Tel est, en général, le système des connaissances des animaux. Tout y dépend d'un même principe : le besoin. » Il y a donc quelque chose d'extérieur à la réflexion, et ce n'est plus, ce semble, « l'étude » seule qui crée les habitudes de la bête. Gondillac sous-entendait sans doute que le besoin n'exclut pas l'étude, et au contraire la provoque. Mais qu'est-ce qu'une étude personnelle dont les résultats sont par avance fixés, et qui ne varie jamais d'un individu à l'autre au sein d'une même espèce ? Or, voici ce que dit encore l'auteur du Traité des animaux : « Tous les individus d'une même espèce étant donc mus par le même principe, agissant par les mêmes fins et employant des moyens semblables (lisez des organes semblables, dit fort justement M. Lévêque qui cite ce passage), il faut qu'ils contractent les mêmes habitudes, qu'ils fassent les mêmes choses et qu'ils les fassent de la même manière. » Yoilà une initiative et une réflexion qui sont resserrées dans un cercle bien restreint. Mais il y a plus. « Si les animaux vivaient séparément, sans aucune sorte de commerce, et, par conséquent, sans pouvoir se copier, il y aurait dans leurs opérations la même uniformité que nous remarquons dans le principe qui les meut et dans les moyens qu'ils emploient1. »

En d'autres termes, la manière d'agir de tout animal

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