‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 114 sur 118 · HEGEL · texte numérisé non relu

HEGEL

sens vulgaire et empirique du mot. La continuité est clans l'idée, ainsi que le progrès et l'évolution ; il n'y a pas de passage naturel de l'inorganique à l'organique ni d'un organisme inférieur à un organisme plus développé. Sans doute, la nature, malgré ses contradictions et ses caprices (car elle n'est pas adéquate à sa notion), la nature est comme un système de degrés dont chacun est la nécessité prochaine de celui dont il résulte; mais cette succession ne doit pas être prise comme une génération naturelle i. Donc « il faut que la pensée spéculative rejette de prétendues transformations de la nature suivant lesquelles les plantes et les animaux seraient sortis de l'eau, les animaux qui ont une organisation plus parfaite proviendraient d'une classe inférieure. Ces explications vagues et obscures n'ont d'autre fondement que l'expérience sensible 2. »

Mais ce n'est pas seulement par leurs modes de formation ou de développement observable que diffèrent l'homme et l'animal. Ils en diffèrent aussi par l'idée. L'animal fait tout entier partie de la nature, de la nature qui est le développement successif de l'idée, sans conscience d'aucun but. Dans l'homme, la nature animale se retrouve , mais comme un moment subordonné. L'homme se distingue réellement de la nature, bien qu'il en fasse « la matière inorganique » de ses déterminations et l'objet de ses connaissances. Par-dessus tout, l'homme est esprit ; et l'esprit, c'est l'idée concrète qui a conscience d'elle-même.

a La nature comme telle ne s'élève pas dans sa concentration à cette existence pour soi, à la conscience d'elle-même. L'animal , la forme la plus élevée de cette concentration 3, ne représente que cette dialectique, ex-

Page 1