‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 116 sur 118 · HEGEL · texte numérisé non relu

HEGEL

Tanimal vit dans un certain rapport de sympathie avec le cours général de la nature : beaucoup d'animaux pressentent le temps, beaucoup exécutent des voyages lointains et des migrations périodiques déterminées par quelques grands phénomènes du monde physique. Enfin les différentes espèces cèdent à des désirs particuliers, à des appétits qui leur sont propres et spéciaux. Ces appétits et ces désirs sont tellement déterminés qu'il n'y a place, pour les représentants delà même espèce, à aucun choix, et qu'à leur égard « le reste est comme s'il n'existait pas ' . »

En résumé, l'animal est attaché « à la déterminabilité de la sensation. » Il n'entend pas le genre, il le sent, et ne le sent que comme individu. L'homme seul s'élève à l'universalité, et par elle à la liberté.

Ce que T Allemagne moderne a gardé de ces principes, on le sait. Elle a conservé la doctrine du devenir, mais elle a chassé Vidée comme inutile ; et cette explication de la nature des choses par voie de génération naturelle que Hegel jugeait avec tant de dédain, c'est elle précisément qu'elle s'est efforcée de faire triompher.

Une seule philosophie, selon nous, a pu retrouver pour la personnalité humaine, pour la supériorité de sa nature et l'immortalité de ses destinées, une base plus solide que la construction tout idéale des Hégéliens : c'est la philosophie de Maine de Biran. Mais cette doctrine dans ce qu'elle a d'essentiel, c'est la nôtre : qu'il nous suffise de l'avoir défendue et d'avoir essayé, pour notre faible part, de la continuer en nous aidant de découvertes ou du théories plus récentes dont il ne nous appartient pas de préjuger ici la fortune. D'autre part, discuter le Darwinisme psychologique, tel a été en grande partie le but du présent ouvrage; et nous ne pourrions, sans nous ré-

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