‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 21 sur 118 · A. Cros. Ouvrage cité · texte numérisé non relu

A. Cros. Ouvrage cité

harmonieusement combiné. Si ces organes secondaires concourent ensemble autant que l'organe collectif qu'elles constituent concourt avec le reste de l'économie, un tel accord doit avoir sa raison d'être. Mais cette dernière question est une de celles que nous devons reprendre plus tard avec détail. Voici, en attendant, un autre physiologiste, M. Luys 1, bien connu pour ses longs et admirables travaux sur le système cérébro-spinal. Il s'efforce en ce moment d'établir que les actions cérébrales sont des séries de mouvements ou d'actes réflexes. Il travaille à étendre sur les parties les plus intimes et les plus obscures du cerveau le règne du mécanisme ; et c'est précisément sur la fonction du langage, prise pour type, qu'il fait de préférence porter ses analyses, se proposant visiblement de conclure de cette faculté à toutes les autres. Or, il cherche à nous décrire cette phase dans laquelle s'opère la coordination des mouvements qui par la suite suffiront à tous les besoins du langage. Il doit valoir la peine de l'écouter.

On pourra trouver tout d'abord qu'il n'est guère précis. « La parole, écrit-il, n'est que la réaction extrinsèque du sensorium en émoi. » Gela est bref ; il y a bien des réactions dans l'organisme. En quoi celle-ci diffère -t-elle de toutes les autres ? Mais voici plus de détails. « L'opération mentale d'émettre des sons articulés voulus est, ditil, une opération complexe qui met en jeu toutes les forces de l'individu vivant et qui totalise la somme de ses sensibilités intimes. Elle résume son émotivité, elle engrène fatalement dans son évolution sa personnalité qui a conscience de ce qui s'opère avec sa participation, et elle devient ainsi l'expression somatique la plus vivante, la synthèse la plus concrète de toutes les énergies nerveuses de l'individu en action. » Donc, si nous compre-

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