‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 27 sur 118 · A. Bain. Des Sens et de V Intelligence · texte numérisé non relu

A. Bain. Des Sens et de V Intelligence

M. H. Spencer, avec une terminologie un peu différente, dit exactement la même chose. Pour lui le phénomène de conscience se réduit à ceci : « Différentiation et intégration continues ; avoir conscience de l'état où l'on se trouve, c'est à la fois différencier cet état des précédents et l'intégrer aux suivants,'c'est-à-dire le trouver semblable à eux, car tous les rapports des choses se réduisent à des rapports de succession *. »

La conscience n'est donc, en définitive, qu'une succession. Cette méthode de réduction est connue , et ce n'est pas là la seule application qu'on en ait faite. Le positivisme et le matérialisme, on le sait, procèdent ainsi : ils analysent les éléments de la réalité, descendent du plus complexe au plus simple ; et arrivés, au dernier, c'est par celui-là seul, isolé de tous les autres, qu'ils prétendent expliquer la réalité entière. Ils ne voient pas tout ce qu'il faudrait ajouter pour reconstituer le tout te] qu'il est dans la beauté de son ensemble et dans l'harmonie de son développement. L'atome pour eux explique le monde. La mathématique n'est plus seulement l'expression abstraite des rapports que manifeste l'ordre intelligent de l'univers : elle est la raison dernière de cet ordre, et ainsi de suite. Il est donc à craindre que les deux illustres défenseurs du positivisme anglais n'entendent dans ce même esprit leur théorie de la conscience : si le dernier élément ou la dernière condition qu'on trouve en elle est la succession, tout sera finalement ramené à la succession et tout sera expliqué par elle seule. Mais cette explication estelie philosophique ? Nous admettons qu'avoir conscience < Vst percevoir des ressemblances et des différences et que les phénomènes ne nous paraissent discernables qu'à la condition de se succéder. Nous n'examinons

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