‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 35 sur 118 · Gavarret, ouvrage cité · texte numérisé non relu

Gavarret, ouvrage cité

2. Dans une lettre particulière qu'il nous a fait l'honneur de nous écrire, le 10 octobre 1876 T M. Ch. Naudin (de l'Institut) s'exprime ainsi : « Je viens de lire dans la Revue scientifique la critique du dernier ouvrage de M. Paul Janet (Transformisme et Causes finales), par M. Léon Dumont, et j'y trouve, entre autres propositions que je n'approuve pas, ce passage : a II n'est plus possible de soutenir aujourd'hui qu'il y a un abîme entre la matière brute et les formes les plus simples de la vie. » Je prétends au contraire, avec M. Paul Janet, que l'abîme existe et qu'il est infranchissable. A quelle condition un être est-il vivant? à celle de pouvoir dépenser de la force en mouvements moléculaires ou en mouvements de masse ; mais pour pouvoir dépenser de la force, il faut en avoir une provision sans cesse renouvelée, qui s'emmagasine dans des équilibres chimiques essentiellement instables, tels en un mot que la volonté de l'être vivant puisse opérer la détente et dégager la force. Qu'il s'agisse d'une monère ou de tout autre animal plus per

Gomme nous avons à cœur de montrer ici que nous suivons docilement les physiologistes considérables que leur opposition à M. Cl. Bernard peut faire passer pour plus antivitalistes que lui, nous citerons encore un passage de M. Gavarret. Le premier de ces physiologistes avait dit, en quelque endroit, qu'il appelait du nom de propriétés vitales les propriétés organiques non encore réduites « à des considérations physico- chimiques; » mais il considérait comme indubitable qu'on dût arriver un jour à opérer cette réduction. M. Gavarret s'inscrit en faux contre une pareille assertion. « M. Cl. Bernard, dit-il, appelle propriété vitale ce que nous appelons activité propre de l'élément histologique. Toutes ces activités ou propriétés ont un caractère de spécialité qui leur est communiqué par la spécialité de composition et de texture des éléments histologiques eux-mêmes et que, par conséquent, rien ne saurait leur enlever. Bien que dérivées par une voie de transformation des modalités dynamiques du monde extérieur, ces propriétés vitales n'en ont pas moins une forme spéciale indélébile, et par suite les lois de leur manifestation sont nécessairement différentes de celles de la chaleur, de l'électririté, de l'affinité. Nous ne pouvons donc concéder à M. Cl. Bernard que les activités propres ou les propriétés vitales des éléments histologiques puissent jamais être réduites à des considérations physico-chimiques ■ . »

Pour prouver la spontanéité de cette vie multiple, on pourrait invoquer encore la manière dont elle agit et se manifeste, non plus dans le groupement et le renou-

fectionné, la nécessité est la môme; et je soutiens que la vie n'est possible qu'à cette condition. C'est tout le contraire de ce qui se voit dans le composé inorganique, qui ne contient aucune réserve de force disponible, et où les équilibres moléculaires tendent invariablement à une stabilité plus grande. Il y a là comme deux mondes antagonistes et irréconciliables, qui diffèrent autant l'un de l'autre que quelque choie diffère de zéro. »

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