‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 43 sur 118 · PEUPLES SAUVAGES · texte numérisé non relu

PEUPLES SAUVAGES

anciens Égyptiens *, l'admettent de l'homme à tous les autres animaux, mais aux animaux seulement. Viendront enfin des théories, comme celles de la kabbale ou de l'école d'Alexandrie 2, qui ne l'admettent plus que de l'homme à l'homme. On voit là la tendance à distinguer de plus en plus l'homme du reste des êtres. Mais cette dernière forme de la métempsycose atteste beaucoup d'autres progrès dus à la réflexion philosophique et dont nous aurons bientôt à parler.

Cependant, avant de venir aux philosophes, disons un mot de quelques croyances primitives sur un sujet qui touche de bien près à la question de la nature animale et de ses rapports avec la nature humaine. Si, comme le dit Pascal, le mystère de notre nature est étroitement lié au mystère de notre origine, la solution que l'on essaye de donner à l'une de ces questions n'implique-telle pas une certaine solution donnée à l'autre? Que l'homme se demande qui il est ou qu'il se demande d'où il vient, dans les deux cas, il est naturel qu'il se compare aux êtres vivants qui l'entourent. Or, presque toutes les tribus sauvages ont leurs traditions ou leurs idées sur la naissance de l'espèce humaine. Nicolas Perrot3 a trouvé chez les peuplades de l'Amérique du Nord cette croyance que les premiers hommes étaient nés de cadavres de bêtes, efl qu'après un déluge dans lequel l'humanité avait péri, c'était encore avec des cadavres d'animaux qu'avaient été formés de nouveaux hommes. Ces mêmes sauvages reconnaissaient d'ailleurs aux animaux une âme intelligente et la faculté de raisonner. Dans la religion des Perses, le premier homme sortit des côtes d'un taureau, sous l'aspect d'un jeune homme de quinze ans :

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